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Jacques Kuba Séguin: quand la musique naît du confinement

Jacques Kuba Séguin: quand la musique naît du confinement
Joël Lemay / Agence QMI

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Le trompettiste Jacques Kuba Séguin présentera mardi soir un concert dans le cadre de l’édition numérique du Festival international de Jazz de Montréal. Son dernier album «Migrations», lancé en juin 2019, est actuellement en nomination dans la catégorie «Album jazz de l’année: solo» au gala des prix Juno. Entretien avec un amoureux du jazz pour qui le confinement n’a pas été synonyme de pause. 

Comment s’est passé le confinement de votre côté jusqu’à maintenant ?

Ça a bien été. Somme toute, j’ai été chanceux. Juste avant le début du confinement, je me suis fait commander une œuvre symphonique. Alors le confinement est arrivé comme une bénédiction. Ça m’a permis de me confiner et d’écrire de la musique. Donc juste pour ça, c’est super. Et c’est drôle parce que le confinement, c’est vraiment la vie d’un musicien. On se confine nous-mêmes pour préparer ce qu’on a à faire. Et quand arrive le moment de jouer, il faut sortir de sa tanière et se présenter en espérant qu’on est sur notre meilleur jour. C’est drôle, on dirait que le Québec a compris ce que c’était qu’être un musicien professionnel.

Jacques Kuba Séguin: quand la musique naît du confinement
TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Vous allez dévoiler le 3 juillet l’album numérique «ODD LOT - Compilation 15 ans», un album à travers lequel vous rassemblez quelques succès des trois opus que vous avez enregistrés avec la formation ODD LOT. Pourquoi une compilation? Qu’est-ce qui vous en a donné l’idée?

En fait, c’était une idée de confinement. J’avais mon premier album qui n’avait jamais été lancé sur les plateformes web, iTunes et compagnie. J’ai réécouté des pièces là-dedans et je trouvais qu’il y en avait certaines qui valaient vraiment la peine. Et donc, j’ai été chercher une espèce de «Best Of» du premier, et j’ai combiné à ça des pièces des autres albums. C’était ça l’idée. Et j’ai fait homogénéiser tout ça en refaisant un «mastering» pour que ça s’écoute bien et qu’il y ait une belle continuité à travers l’album.

Vous allez également donner un concert en direct sur la page Facebook du Festival international de Jazz de Montréal mardi à 18h. À quoi peut-on s’attendre?

Ça va se passer à L’Astral, on va être des musiciens de ODD LOT, il va y avoir Kevin Warren à la batterie, Jonathan Cayer au piano et Rémi-Jean LeBlanc à la contrebasse.

L’idée, c’est de reprendre des pièces de l’album «Compilations» qui va sortir bientôt, et aussi quelques pièces de mon dernier album «Migrations», sorti en juin l’année passée. On va jouer ce matériel-là en le revisitant à notre façon. On fait des répétitions dehors, dans le gazebo, dans Villeray, près du métro. Et ce qui est le fun, c’est que les voisins s’installent dans la ruelle et nous écoutent.

En ces temps de confinement, où le milieu culturel traverse des défis importants, quels seraient vos conseils sur la façon dont il faudrait soutenir la scène jazz actuellement?

Ma philosophie, c’est qu’en ce moment, on paie vraiment le prix du virage numérique parce qu’il n’y a pas vraiment de lois qui ont été mises en place pour gérer les Spotify et compagnie.

On reçoit des subventions qu’on distribue à travers notre milieu, on engage des artistes, on les paie, on paie les studios, on paie ci, on paie ça, et au final, tout ça s’en va sur les plateformes de diffusion numérique et ça part en fumée. Je ne comprends pas, c’est comme si c’était notre trésor à nous, les Québécois, les Canadiens, qui est comme dilapidé à travers ces plateformes-là. Ce problème-là devrait être abordé. Les écoles de musique se vident, et les jeunes ne sont pas fous, ils voient tout ça et se demandent comment ils vont gagner leur vie. Il devrait y avoir un projet de loi pour que ce soit taxé, que ce soit géré cette affaire-là.