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Pourquoi les grands succès télé québécois ne sont-ils pas diffusés à CBC ?

Pourquoi la CBC a-t-elle privé son public anglophone notamment de <em>19-2</em>, de <em>District 31</em> ou de <em>Unité 9</em> (photo), qui avaient en moyenne près de 2 000 000 de cotes d’écoute par soir au Québec  ?
Photo d'archives Pourquoi la CBC a-t-elle privé son public anglophone notamment de 19-2, de District 31 ou de Unité 9 (photo), qui avaient en moyenne près de 2 000 000 de cotes d’écoute par soir au Québec  ?

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De mémoire, depuis les quinze dernières années, aucun des grands succès de télé du Québec n’est diffusé à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) ; même si ces succès ont été produits à la Société Radio-Canada (SRC). Alors que le contraire prévaut...

Rapprochement et distanciation

Bien que la loi ne l’y oblige pas, la SRC s’inscrit dans la constance avec la diffusion de grands succès de séries télé anglophones doublées en français. Pensons à La petite Mosquée dans la prairie, à Anne... la maison aux pignons verts, etc. 

Pas de raisons objectives de déplorer cette pratique, tant que la SRC ne prive pas son public de contenus québécois et francophones authentiques.

Rien n’obligeait par ailleurs madame Jennifer Stewart, alors directrice des acquisitions et du développement à la CBC, à acquérir et à diffuser sur la chaîne publique anglophone, des années durant, un programme mettant en lumière les meilleures séries télé francophones du Canada, sous-titrées ou doublées en anglais. 

Après son départ, il y a de cela une quinzaine d’années, ce programme a été jeté aux orties.

La CBC et la SRC sont pourtant deux branches de la même société financée à même nos deniers publics. Alors, pourquoi d’un côté on tente ce que je qualifierais de découverte et de rapprochement culturels, et de l’autre, l’occultation et la distanciation ?

Pourquoi cette différence de paradigmes ? Pourquoi ce qui va dans un sens ne va pas dans l’autre ?

À qui profite le « crime » ?

Qui à Toronto a intérêt à ce que le public anglophone ne découvre pas les grands succès de la télévision québécoise ?

Je n’ose même pas aborder les grands succès de TVA... Limitons-nous aux seuls grands succès de la SRC. 

À part Les bougons qui faisait probablement l’affaire de la CBC, vu l’image caricaturale, voire réductrice du Québécois qui y était véhiculée, pourquoi la CBC a-t-elle privé son public anglophone notamment de 19-2, de District 31 ou de Unité 9 qui avaient en moyenne près de 2 000 000 de cotes d’écoute par soir au Québec ?

Francophobie systémique ?

C’est cette même CBC qui nous avait offert la fameuse série sur la pseudo-histoire du Canada : The Story of Us

Une série qui présentait consciencieusement un point de vue très réducteur sur la présence française au Canada.

Il serait pertinent de se demander si la CBC incarne la fermeture à la culture francophone. Cela n’est pas sans rappeler par ailleurs les difficultés que vivent les Franco-Ontariens dans d’autres sphères en termes de services : sport, santé, éducation, culture, etc.

Si c’est « la règle », il faudrait le dire clairement. Les anglophones sont majoritaires. 

Ils n’ont rien à perdre. Les francophones ne vont pas constamment faire semblant que tout va pour le mieux. 

Il ne faut jamais perdre de vue la fragilité actuelle de notre situation culturelle et linguistique minoritaire au Canada et en Amérique du Nord.