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Quand le désaccord suscite la haine

Émile Bilodeau.
Photo courtoisie, Yan Turcotte Émile Bilodeau.

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Mercredi, au spectacle de la Saint-Jean, l’auteur-compositeur-interprète Émile Bilodeau arborait un macaron anti-loi 21. Ont suivi des centaines de commentaires haineux sur les réseaux sociaux, et même des menaces de mort à l’endroit du chanteur.

« Pour les traîtres, 12 balles dans la peau », « un stupide à la solde des islamiques », « tu vois cette pierre tombale sur ma photo de profil ? C’est toi qui devrais être là, sac à merde ».

Émile Bilodeau s’est affiché contre cette loi en vigueur depuis un an, qui stipule que l’État québécois est laïque. Elle interdit aux habitants de la province d’arborer un signe religieux dans le cadre de leur emploi en tant que fonctionnaire.

Si Émile Bilodeau a reçu une telle haine en retour, imaginez celle qui a été déversée sur ces individus visés par la loi et qui ont osé la dénoncer.

Jamais des gens ne devraient être menacés pour l’expression de leur opinion.

Une loi discriminatoire

Pourquoi être contre la loi 21 ?

  • Parce qu’il est injuste de demander à des gens de renoncer à leurs valeurs. Choisir entre leur spiritualité et un futur emploi ? Vraiment ? La laïcité ne devrait pas se faire au détriment des individus.
  • Parce que la loi 21 est discriminatoire envers les personnes qui font partie des minorités religieuses. Elle entretient les préjugés à leur égard et les stigmatise davantage, alors qu’elles subissent déjà du racisme sur le marché du travail.

J’ai honte que des femmes voilées aient voulu s’établir dans une autre province pour pouvoir enseigner. 

Je déplore que les Québécois ne soient pas assez confiants en leur identité pour accueillir tous les gens tels qu’ils sont.

Je m’oppose à la loi 21, pourtant je ne menace pas de mort ceux qui l’appuient.

Quelles que soient nos croyances, respectons-nous pour vivre dans une société inclusive.