/misc
Navigation

Trop tard pour freiner la COVID-19 aux États-Unis?

Trop tard pour freiner la COVID-19 aux États-Unis?
AFP

Coup d'oeil sur cet article

En lisant le titre, vous pourriez être tentés de me reprocher un brin de sensationnalisme, mais c’est le secrétaire à la santé et aux services sociaux Alex Azar qui presse ses concitoyens de se conformer à de saines mesures d’hygiène pour éviter la catastrophe.

Alors qu’on confirme une forte hausse de la propagation dans le sud-ouest et le sud du pays, Azar ajoute sa voix à celles de nombreux spécialistes qui estiment que l’épidémie pourrait bientôt être hors de contrôle. Il insiste sur le port du masque et la distanciation sociale.

Malheureusement, Azar, pourtant le choix de Donald Trump, ne peut compter sur une collaboration très active de son patron et d’un trop grand nombre de gouverneurs (incluant quelques démocrates). Il est contraint de demander directement à ses concitoyens d’agir de manière responsable.

La tâche du secrétaire est complexe parce qu’aux États-Unis, on a fait de la lutte à l’épidémie un combat politique au moins autant qu’un enjeu de santé publique. En caricaturant à peine, on pourrait affirmer que si vous portez un masque, vous êtes démocrate et dans le cas contraire, vous êtes un républicain. Une telle polarisation sur des questions de santé publique dans un contexte aussi précaire est non seulement improductive, elle est irresponsable.

Malgré tout, il y a bien quelques lueurs d’espoir que nos voisins du sud devraient rapidement encourager. Si le président continue à refuser de porter un masque et que son rassemblement de Tulsa a démontré qu’il privilégiait la carte politique avant toute chose, le vice-président agit de manière plus responsable et quelques élus républicains ont accepté de participer aux nombreuses émissions politiques du dimanche pour appuyer un message de prudence.

Si personne ne va nier l’importance de la responsabilité individuelle et des autorités locales pour améliorer le bilan américain, je déplore cependant que la figure individuelle la plus influente du pays continue de nier le problème ou de le sous-estimer. 

Vous avez remarqué que les plus récentes interventions du groupe de travail sur le coronavirus n’ont pas eu lieu à la Maison-Blanche, mais bien au département de la santé et des services sociaux? Le symbole est éloquent: si on veut convaincre les Américains du sérieux de la situation, on le fait sans que l’occupant de la Maison-Blanche ne vienne entraver nos efforts. Triste et inquiétant à la fois...