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De quart-arrière des Alouettes... à policier!

De quart-arrière des Alouettes... à policier!
Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard

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L’ancien quart-arrière Brandon Bridge a décidé de réorienter sa carrière d’une façon particulière dans un contexte qui l’est tout autant: il se trouve à l’académie de police de la région de Peel, en Ontario, afin de travailler au sein des forces de l’ordre.

Retranché par les Argonauts de Toronto l’an dernier, l’athlète noir de 28 ans a emprunté une avenue risquée, lui qui a effectué deux séjours chez les Alouettes de Montréal. Pourtant, il avait réussi à faire son chemin jusqu’à la Ligue canadienne de football (LCF), en plus d’être invité au mini-camp des Cowboys de Dallas – dans la NFL – après le «combine» de 2015. Or, le message de l’ensemble de la LCF à son égard lui semblait clair.

«Les équipes disaient: "nous avons déjà nos quarts que nous téléphonerons si une blessure survient" ou encore "tu n’aideras pas notre proportion de joueurs, donc il n’y a pas d’avantage pour nous à embaucher un pivot national". Je détenais un passeport canadien et j’étais traité différemment. Je ne suis pas d’accord avec les politiques de cela. Je n’allais pas laisser une ligue ne respectant pas ses quarts canadiens dicter le cours de ma vie», a déclaré Bridge au site spécialisé 3DownNation. «Je n’envisageais pas la retraite [du sport]. Le football était mon boulot. À mon âge, si le travail ne vous rapporte plus, vous en trouvez un autre.»

C’est ainsi que l’Ontarien a tenté sa chance avec la police de Peel, où il s’était lié d’amitié avec plusieurs. Un ami qui étudiait là-bas l’avait invité à jouer pour l’équipe de basketball du service local à Mississauga. Il est devenu bien connu à cet endroit et il a été invité régulièrement à des événements caritatifs.

«Le superintendant Sean McKenna, un vétéran de 30 ans de service, m’a toujours soutenu. Il m’a dirigé dans le football mineur et était un mentor pour moi. Je lui ai dit que je pouvais faire ce travail. Dans ma vie après le football, je ne voulais pas m’asseoir devant un pupitre. Je souhaitais être dans la communauté, aider le public. M. McKenna a émis de bons commentaires à mon sujet, mais m’a dit d’apprécier le football pendant que ça durait», a expliqué Bridge.

Le cas George Floyd

Évidemment, l’ex-quart se trouve dans une situation un peu malaisante en cette époque où les gens issus des minorités manifestent contre la brutalité policière et le racisme. La mort de George Floyd a soulevé l’ire de plusieurs dans le monde, et Bridge n’est pas resté insensible. Il a d’abord et avant tout l’intention d’agir avec le sentiment de justice.

«On m’a demandé si j’éprouvais des problèmes à devenir un policier noir à ce moment de l’histoire. Ce qui est arrivé à George Floyd n’est rien de nouveau pour la communauté noire. Mais si vous n’avez pas marché un mille dans nos souliers... ce l’est peut-être. Nos sociétés ont été bâties au désavantage des populations des minorités, et le monde, encore une fois, déploie sa frustration et sa colère avec force, a-t-il souligné. L’écusson est terni. Quand les gens appellent la police, c’est qu’ils ont épuisé toutes leurs options. Lorsque les agents arrivent, la personne devant eux vit possiblement la pire journée de sa vie. Leur travail est de régler cela et pas de causer encore plus de mal.»

«Donc, vous me demandez si j’ai choisi mon camp? Je dirai que je reste aux côtés de mes frères et sœurs noirs. Ce sont eux que je soutiens. La loi et l’ordre? Bien, la lettre de la loi implique la communauté noire. Si ce principe est protégé adéquatement, il devrait bien cadrer pour tous, peu importe la race, le genre ou les opinions défendues. S’il n’y a pas de justice, il n’y a pas de paix. Voilà en quoi consiste mon camp», a-t-il ajouté, promettant de représenter un bel exemple pour sa communauté.