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Gouvernement gnangnan

Gouvernement gnangnan
Photo Simon Clark

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Ça y est, le premier ministre vient enfin de décréter que le port du masque est obligatoire pour tous dans les transports en commun.

Sauf que... pas tout de suite et pas tant que ça.

Perdre la face

S’il est une raison pour laquelle le gouvernement n’a pas rendu le port du masque obligatoire plus tôt, c’est parce qu’il a peur de perdre la face.

La réalité, c’est que le gouvernement n’a aucun moyen de faire respecter cette obligation. 

Le premier ministre a bien beau faire appel à la responsabilité de chacun, mais si des citoyens décident de refuser la consigne ou de retirer leur masque en cours de transport, le gouvernement ne pourra rien y faire.

En conférence de presse, le premier ministre a été obligé d’avouer qu’il n’y a aucune amende prévue et aucune mesure punitive autre que le refus d’accès au transport en commun pour ceux qui ne porteraient pas le masque. Il est tout à fait ridicule de penser qu’une mesure obligatoire pourra être imposée s’il n’existe aucun moyen coercitif de la faire respecter.

Qui plus est, il faudra attendre deux semaines avant que ce soit obligatoire «un peu», et jusqu’à un mois pour que ce soit obligatoire «pour vrai». 

C’est du grand n’importe quoi.

Une mesure obligatoire sans moyen de la faire respecter, c’est une recette gagnante pour se faire humilier. 

Papa va s’fâcher...

Dès le début de la pandémie, on a reconnu l’attitude «bon père de famille» de François Legault.

Or, plus la situation progresse, plus on a l’impression qu’il prend les Québécois pour des idiots.

Les changements de cap, les aveux d’échec et les excuses ont la cote chez les politiciens ces derniers mois, mais là, trop, c’est comme pas assez.

«On n’a pas changé d’idée, c’est la situation qui a évolué», nous disait François Legault. On se demande bien ce qui va évoluer entre aujourd’hui et le 27 juillet, temps qu’il faudra attendre avant que le port du masque obligatoire soit «vraiment» obligatoire.

Il n’y aura pas d’amende, pas de police du masque. Bref, le fardeau de l’application de la directive retombe sur les sociétés de transport, les chauffeurs d’autobus et les chauffeurs de taxi ou d’Uber. On se doute bien qu’aucun d’entre eux ne va se battre avec des récalcitrants. 

Questionné à ce sujet, le bon père de famille répond lentement, comme pour un enfant de 4 ans: «On a con-fiance aux Québécois, il faut con-tinuer d’appliquer les mesures, il faut donner le temps aux gens de s’ha-bituer, c’est important d’avoir une gra-dation.» Bref, on déconfine tran-quille-ment.

Alors, les enfants, avez-vous l’intention d’écouter? Parce que là, papa va s’fâcher...