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L’art de se victimiser

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On dénonce avec raison la fureur sur les réseaux sociaux. Une société civilisée devrait éduquer des individus capables de s’opposer sans s’insulter. La nôtre n’y parvient pas.

On l’a vu ces derniers mois avec quelques histoires se ressemblant. Elles prennent généralement la forme suivante.

Une personne, sur sa page Facebook, écrit un statut particulièrement violent prenant souvent la forme d’un réquisitoire grossier (et truffé de faussetés) contre le grand méchant homme blanc, ou plus particulièrement, contre cet être particulièrement dégoûtant que serait le Québécois francophone. Contre lui, on se permet les pires saloperies.

Haine

Viennent inévitablement les réponses d’internautes outrés. Elles ne sont pas toujours polies, hélas. Elles peuvent verser dans l’injure, car la colère ne s’exprime pas toujours dans de beaux habits. C’est évidemment condamnable.

C’est le moment où l’insulteur à l’origine du statut haineux en profite pour publier sur les réseaux sociaux des captures d’écran des messages hostiles qu’il a reçus. Il se présente alors comme une victime de racisme, de sexisme, d’homophobie, ou d’autres choses semblables.

Autrement dit, il en profite pour se victimiser.

Récapitulons.

Un : insulter un grand pan de la population et verser sans inhibitions dans le discours haineux contre lui.

Deux : recevoir des insultes de gens n’aimant pas trop se faire cracher dessus.

Trois : les publier sur Facebook et se victimiser. Normalement, on aura pour soi la complaisance des médias, peut-être même des députés – c’est déjà arrivé.

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Réseaux sociaux

En gros, cracher sur l’homme blanc ou le Québécois francophone, ce n’est pas un discours haineux, c’est de l’humanisme.

Mais lorsque ce dernier se révolte contre ces crachats, c’est de la haine.

La virulence des débats sur Facebook et Twitter me désole. Mais la décence voudrait quand même qu’on cesse de chouchouter ceux qui crachent dans le ciel pour se dire ensuite victimes de l’orage quand leur crachat leur retombe au visage.