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Les talibans réitèrent à Pompeo leurs engagements vis-à-vis de Washington

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KABOUL | Les talibans ont renouvelé leur engagement à respecter l’accord signé fin février avec les États-Unis, qui vise au retrait des troupes étrangères d’Afghanistan en échange notamment du démarrage d’un dialogue de paix interafghan, dans une conversation avec le secrétaire d’État Mike Pompeo. 

Le négociateur en chef des insurgés, le mollah Abdul Ghani Baradar, a discuté lors d’une vidéoconférence avec M. Pompeo de la mise en place de l’accord américano-taliban de Doha, notamment «le retrait des forces américaines d’Afghanistan, la libération des prisonniers, le démarrage du dialogue interafghan et la réduction de la violence», a indiqué lundi soir un porte-parole taliban, Suhail Shaheen.

«Nous sommes engagés à démarrer le dialogue interafghan (...), mais des retards dans la libération des prisonniers ont retardé les discussions», a déclaré le mollah Baradar, selon un gazouilli de Suhail Shaheen.

De premières négociations de paix semblent toutefois se rapprocher, le président afghan Ashraf Ghani ayant promis d’achever la libération de 5 000 prisonniers talibans contre un millier de membres des forces de sécurité afghanes tenus captifs par les insurgés.

Les autorités, qui ont déjà libéré près de 4 000 détenus talibans, prévoient d’élargir le millier restant, comme le stipule l’accord de Doha, non ratifié par Kaboul.

Les talibans, qui ont fait de cet échange de prisonniers une condition préliminaire au dialogue de paix, ont répété à de multiples reprises leur volonté d’honorer leurs promesses faites au Qatar.

En mai, leur chef Haibatullah Akhundzada avait déjà, dans un rare message écrit, souligné «l’engagement» des insurgés «dans l’accord signé avec l’Amérique», appelant «l’autre camp à respecter ses engagements».

La discussion avec Mike Pompeo intervient alors que le président Donald Trump, partisan d’un départ rapide des forces américaines l’Afghanistan, est sous pression à Washington pour un couac lié à ce pays, théâtre du plus long conflit de l’histoire des États-Unis.

Le New York Times, suivi ensuite par le Washington Post et le Wall Street Journal, a rapporté vendredi que des agents russes avaient distribué de l’argent à des combattants «proches des talibans» pour qu’ils tuent des soldats américains ou de l’OTAN, des informations transmises à M. Trump, qui n’a pas réagi. 

Dimanche, le président américain a expliqué ne pas avoir été «briefé» sur le sujet, les services secrets estimant l’information non «crédible». Mais lundi, le NYT a révélé qu’il avait bien reçu un rapport écrit dès février.

Les talibans ont nié avoir reçu de l’argent russe pour tuer des soldats américains.