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Les centres d’appels de Bell dénoncés

La délocalisation à l’étranger, un «cancer» économique

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Le plus grand syndicat du secteur privé au pays Unifor juge que les centres d’appels de l’étranger, comme ceux de Bell, sont un véritable « cancer » pour l’économie.

« On a perdu énormément d’emplois. C’est un cancer pour tous les gens qui ont perdu leur travail, qui a été délocalisé là-bas », a laissé tomber au Journal Olivier Carrière, adjoint au directeur québécois d’Unifor. 

Ces 15 dernières années, plus de 1400 emplois bien payés, avec de bonnes conditions et des régimes de retraite, ont été perdus au service à la clientèle résidentiel de Bell, a-t-il avancé.

« Quand on voit qu’un employé de service à la clientèle s’en tire avec un salaire annuel entre 40 000 $ et 45 000 $, avec avantages sociaux et régimes de retraite, et qu’aux Philippines ou en Inde, le même travailleur gagne entre 3000 $ et 6000 $ par année, on ne peut pas battre ça », a-t-il résumé. 

À la mi-mars, les centres d’appels de Bell situés aux Philippines, en Inde et en Tunisie ont dû fermer en raison de la pandémie, ce qui a forcé l’entreprise de télécom à se tourner... vers des travailleurs d’ici, en quatrième vitesse.

« Bell a dû faire des pieds et des mains pour transférer les appels ici. On leur a prêté main-forte. Ça prouve qu’avec la délocalisation, on est à la remorque d’autres pays, et que l’on est à risque », a souligné M. Carrière. 

Rogers rapatrie

Hier, le syndicat a salué Rogers, qui a promis mardi de rapatrier 150 postes du service à la clientèle de l’étranger au pays.

De son côté, le professeur de relations de travail à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Jean-Claude Bernatchez a souligné que rien ne force les entreprises à avoir un lieu de production près du lieu de consommation.

« On pourrait intervenir sur le plan fiscal. Si vous faites faire du travail à l’extérieur, vous allez devoir nous expliquer pourquoi. Si vous continuez, on va vous taxer en conséquence », a-t-il proposé.

Bell n’a pas répondu à notre demande d’entrevue, hier.