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La cégépienne enceinte serait réapparue sans sa bedaine

Une étudiante de l’Outaouais aurait fait disparaître le cadavre de son enfant

Anne Caroline Desplanques, Le Journal de Montréal
Photo Anne Caroline Desplanques Le corps en décomposition d’un bébé a été découvert lundi dans ces poubelles d’un immeuble à logements du boulevard Mont-Bleu, dans le secteur de Hull, à Gatineau.

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GATINEAU | La jeune cégépienne de l’Outaouais accusée d’avoir fait disparaître le cadavre de son bébé arborait une grossesse avancée en mai avant de s’évanouir dans la nature pendant quelques jours, selon les confidences d’une amie.

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« Je n’ai jamais vu le bébé », affirme au Journal cette amie qui a requis l’anonymat. 

Lorsque l’accusée dans la jeune vingtaine a refait surface, elle n’avait plus son ventre rond. L’amie a donc cru à une fausse couche.

Mais peu après le retour de l’étudiante au Cégep de l’Outaouais à son domicile de Gatineau, une forte odeur aurait envahi l’appartement qu’elle partage avec trois autres jeunes femmes.

Les colocataires auraient donc fait un grand ménage, y compris dans la chambre de l’accusée, et auraient jeté plusieurs sacs dans les bacs à ordures derrière l’immeuble du boulevard Mont-Bleu, dans le secteur de Hull, sans se préoccuper de ce qu’ils contenaient.

Entre le 9 et le 29 mai

C’est un voisin qui a fait la macabre découverte lundi à l’arrière du bâtiment résidentiel et qui a contacté la police. 

Le petit corps était en état de décomposition avancée.  

« C’est un peu choquant de penser qu’il y avait un cadavre dans l’appartement », poursuit l’amie de l’accusée.

L’acte d’accusation indique que la femme aurait fait disparaître la dépouille de son enfant « entre le 9 mai et le 29 mai 2020 », « dans l’intention de cacher le fait [qu’elle] lui a donné naissance ».

L’identité de la mère, qui n’a aucun antécédent judiciaire, de même que l’âge et le sexe de l’enfant sont frappés d’une ordonnance de non-publication.

Une peluche a été déposée à l’avant du bâtiment.
Photo Anne Caroline Desplanques
Une peluche a été déposée à l’avant du bâtiment.

Un résident rencontré sur place a indiqué que rien ne laissait présager un tel drame.

« C’est un immeuble tranquille ici. On se croise dans l’escalier sans plus. Tout le monde vit en harmonie », a-t-il dit, préférant cacher son identité. 

Une peluche aux yeux tristes a été déposée devant le bâtiment, a constaté mercredi Le Journal. De vieux matelas et des déchets jonchaient le sol autour de poubelles débordantes.


Une autopsie sera pratiquée sur le corps pour établir la cause exacte du décès.

Une accusation très rare au Québec

La cégépienne de Gatineau fait face à deux chefs d’accusation, dont un très rare de « suppression de part », c’est-à-dire d’avoir fait disparaître le cadavre d’un enfant dans l’intention de cacher qu’on lui a donné naissance.

Elle a comparu une première fois en visioconférence mardi et sera de retour devant la cour la semaine prochaine. L’avocate qui est temporairement chargée du dossier, Nathalie Ferland, a refusé d’émettre tout commentaire.

Métabetchouan

Un des cas récents le plus médiatisé au Québec d’accusation de « suppression de part » remonte à 2015, quand Marie-Pier Normand-Lejeune avait déposé le corps de son nouveau-né dans un sac poubelle au Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

Le bébé avait été retrouvé par les policiers dans une poubelle à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, une petite ville près d’Alma.

La mère, qui avait 22 ans au moment des faits, avait été accusée de meurtre au deuxième degré, un chef passible d’une détention à perpétuité. Elle faisait aussi face à des accusations d’outrage à un cadavre et de suppression de part.

Infanticide

Tous ces chefs avaient finalement été retirés et la femme avait plaidé coupable au chef moindre d’infanticide.

L’infanticide est passible d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans. Il se distingue de l’homicide, car il s’applique à une mère qui cause la mort de son nouveau-né alors qu’elle est en état de choc post-partum.

Marie-Pier Normand-Lejeune avait finalement écopé d’une peine de quatre mois de prison, en plus des 30 mois qu’elle avait déjà purgés de manière préventive.