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Les sociétés d’autocars déplorent le mutisme du gouvernement

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Paralysées depuis le mois de mars, les principales sociétés de transport interrégional par autocar de la province continuent d’attendre le moindre signal de Québec pour reprendre leurs activités.

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Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, l’annonce de l’abandon des liaisons régionales par Air Canada mardi, semble n’avoir encore rien fait pour accélérer les discussions.

« Pas de sons, pas d’images ; c’est le silence quasi complet », déplore Pierre Maheux, président du Groupe Autobus Maheux, de Rouyn-Noranda. Cette société est responsable de liaisons par autobus entre l’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec et Montréal, notamment.

De concert avec Keolis Canada, InterCar, Transdev, Autobus Galland et Autobus Breton, Autobus Maheux réclame en vain depuis bientôt deux mois des éclaircissements de Québec afin de leur permettre de reprendre leurs activités. 

Un plan de relance a été présenté au gouvernement il y a sept semaines. Malgré tout, les transporteurs sont toujours en attente de réponses sur l’aide que Québec pourrait leur apporter et d’indication sur les règles sanitaires à observer avant la reprise.

Quatorze passagers max

L’un des nœuds du problème concerne l’obligation de distanciation de deux mètres entre les passagers, explique Pierre-Paul Pharand, PDG de Keolis, qui avec Orléans Express, assurent le transport entre Montréal, Québec et la Gaspésie.

Pour respecter ces distances, un autocar de 50 sièges ne peut accueillir qu’un maximum de 14 passagers ! « Lorsqu’on sait que le seuil de rentabilité des transporteurs avoisine les 35 passagers, on comprend aisément pourquoi, malgré la demande, nos services n’ont pas encore repris. »

Contrairement au secteur aérien, ces transporteurs ne demandent pas d’allègement de la santé publique afin d’accroître le nombre de passagers. Tout de même, ils souhaitent obtenir des directives claires ; sur le port par exemple d’un masque sur un trajet d’une durée de 9 à 10 heures. 

Les transporteurs souhaiteraient également connaître le niveau de compensation qu’ils pourraient toucher pour essuyer, dans un tel contexte, les pertes envisagées. Ils évaluent leurs besoins entre 30 et 40 M$.

Il n’a pas été possible d’en discuter hier avec le ministre des Transports, François Bonnardel. Par la voix de son attachée de presse, il a affirmé poursuivre l’analyse du dossier, et que, « conscient des inconvénients pour les citoyens », le MTQ souhaiterait aussi une reprise des services.