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Les transporteurs régionaux prêts à «combler le vide» d’Air Canada

Ils vont toutefois rester prudents compte tenu des risques financiers importants

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Capture d'écran, TVA Nouvelles L’aéroport régional de Mont-Joli, situé à une trentaine de kilomètres de Rimouski, a perdu ce mardi deux liaisons d’Air Canada.

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Les petits transporteurs se tiennent prêts à prendre le relais d’Air Canada dans les régions du Québec, mais ils attendront que la demande reprenne significativement avant de s’engager officiellement.

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Mardi, Air Canada a annoncé la suspension, pour une période indéterminée, de huit liaisons au Québec, ce qui touche notamment Baie-Comeau, Sept-Îles, Gaspé, Mont-Joli, Val-d’Or et les Îles-de-la-Madeleine.

Plusieurs intervenants régionaux ont décrié cette décision liée à la pandémie.

Tout ce qu’il faut

Pascan Aviation, qui dessert entre autres Bonaventure, les Îles-de-la-Madeleine, Sept-Îles, Bagotville et Mont-Joli, surveille la situation de près.

« Combler le vide d’Air Canada, ce n’est pas quelque chose qui nous fait peur », lance Yani Gagnon, qui est vice-président de Pascan.

« S’il y a des besoins spécifiques à très court terme, on est prêts. On a les avions, on a le personnel, on a la connaissance du terrain », ajoute-t-il.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Yani Gagnon à QUB Radio:

Il faut toutefois préciser qu’à l’exception de Gaspé, toutes les villes « abandonnées » par Air Canada sont desservies par d’autres transporteurs. Air Canada continuera également de relier les Îles-de-la-Madeleine et Sept-Îles à Montréal.

En raison de la chute de la demande, Pascan a dû réduire son offre de services de 70 % en mars. 

La situation s’est un peu rétablie depuis, mais la capacité de la compagnie aérienne est encore de 40 % inférieure à celle d’avant la pandémie.

Subventions

Pascan et quatre autres transporteurs – Air Inuit, Canadian North, Air Liaison et Air Creebec – ont eu accès à une enveloppe gouvernementale de 15 M$ pour maintenir des liaisons régionales jugées essentielles par Québec. Le programme a toutefois pris fin mardi.

Même si son entreprise est spécialisée dans le nolisement, Vincent Gagnon, président de Chrono Aviation, n’exclut pas de lancer des vols réguliers vers les régions.

« On est un peu à évaluer les possibilités parce qu’on a quand même beaucoup de gens qui nous approchent par rapport à ça, affirme-t-il. On a les bons appareils pour effectuer ce genre de vols là. »

La rentabilité d’une telle opération est toutefois loin d’être acquise compte tenu des faibles taux d’occupation des vols régionaux.

« C’est pas quelque chose qu’on va faire sans aide et sans réfléchir, prévient M. Gagnon. On n’est pas là pour se casser la gueule. »

En 2017, Serge Larivière, propriétaire de l’aéroport de Mont-Tremblant, et Nolinor Aviation avaient envisagé de créer un nouveau transporteur régional avec des avions appartenant à Hydro-Québec. Le projet, qui avait besoin d’une aide gouvernementale de 45 M$, n’a jamais décollé.

Le président de Nolinor, Marco Prud’Homme, croit qu’Air Canada a interrompu plusieurs liaisons régionales dans le but d’obtenir des subventions. 

Il s’attend à ce que le plus grand transporteur au pays retourne dans les régions du Québec lorsque la situation sanitaire s’améliorera.

« Aussitôt que ça va repartir et qu’Air Canada va arriver avec ses milles [Aéroplan] et ses correspondances, ça va être dur de combattre ça », note-t-il. 

Transporteurs régionaux au Québec  

  • Pascan (Est-du-Québec) 
  • Air Liaison (Est-du-Québec) 
  • Air Creebec (Val-d’Or et Nord-du-Québec) 
  • Air Inuit (Nunavik) 
  • Canadian North (Kuujjuaq)