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Pénurie de logements locatifs: les pires chiffres depuis 2003

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Au lendemain du 1er juillet, des centaines de ménages québécois étaient toujours sans toit, alors que la crise du logement n’a jamais autant frappé en 15 ans.

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a témoigné, jeudi, d’un «état alarmant» et d’une situation «très tendue» en matière de pénurie de logements locatifs au Québec.

Le nombre de ménages sans bail au lendemain du 1er juillet est le pire depuis 2003. En matinée, au moins 373 foyers n’avaient toujours pas trouvé de toit, dont 182 à Montréal, a-t-on soutenu par communiqué.

En fin de journée, ce chiffre n’avait que timidement baissé et était resté le même à Montréal.

Sur les 350 ménages québécois sans bail dans le dernier bilan du FRAPRU, on en compte 34 à Laval, 12 à Châteauguay, 42 à Sherbrooke, 34 à Québec, 17 à Drummondville, 13 dans Lanaudière Sud et cinq à Longueuil.

Les chiffres sont probablement pires dans la réalité puisqu’on ne compte pas les ménages qui n’ont pas cherché à faire appel aux services d’aide, s’est alarmé le FRAPRU. Jeudi matin, on avait déjà noté 1350 demandes d'aide aux services d'urgence mis en place.

«Ces chiffres ne tiennent pas compte, non plus, de tous les ménages qui se sont résignés à louer un logement trop cher, qui ont dû accepter une colocation non choisie, ni de tous ceux qui se retrouvent à la rue, entre deux logements, chez des amis, ou qui dorment dans leur voiture, sans avoir contacté les services d'aide», a fait savoir la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, par communiqué.

Selon l’organisme, les 1800 suppléments au loyer d’urgence annoncés le 11 juin dernier n’ont été disponibles qu’à la dernière minute, ce qui n’a pas permis à plusieurs de signer à temps pour le 1er juillet. On estime que le gouvernement Legault aurait dû publiciser davantage ces mesures.

Dans plusieurs petites municipalités, «on peut penser que les gens sont passés à travers les mailles du filet et sont à haut risque de sombrer dans l'itinérance visible ou cachée», a également indiqué le FRAPRU.

Au Québec, la norme veut que 30% des revenus totaux d’un ménage locataire servent à payer le loyer. Aujourd’hui, 195 000 ménages en consacreraient pourtant la moitié ou plus.

En ce sens, le FRAPRU a fortement recommandé au gouvernement le financement de 10 000 nouveaux logements sociaux et communautaires lors de la prochaine année, avec un plan pour prévoir un investissement semblable pour les quatre années suivantes.