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Pourboire: devons-nous être plus généreux en temps de pandémie?

Pourboire: devons-nous être plus généreux en temps de pandémie?
Unsplash - Sam Dan Truong

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Les coiffeurs et massothérapeutes ont repris le travail depuis quelques semaines, les restaurants et bars rouvrent peu à peu leurs portes, bref les services de proximité sont bel et bien de retour. Et avec cette reprise réapparaît une question bien légitime: devons-nous offrir un pourboire supplémentaire aux professionnels qui offrent ces prestations?

Au Québec, le pourboire fait partie intégrante de notre culture. Dans les restaurants et les bars notamment, le salaire minimum est moins élevé puisque le gouvernement reconnaît une compensation salariale versée sous forme de pourboire par la clientèle.

Bien que le pourboire soit une forme de reconnaissance non obligatoire, l’étiquette veut que l’on offre 15% de son addition dans les restaurants ou les bars et 10% de sa facture chez le coiffeur ou le massothérapeute. Ce montant doit toujours être calculé avant les taxes et non après, tel qu’on le remarque souvent sur les appareils transactionnels.

Maxime Ouellet, propriétaire-coiffeur au Salon No 1 à Québec en juin 2020.
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL
Maxime Ouellet, propriétaire-coiffeur au Salon No 1 à Québec en juin 2020.

Le pourboire a tout son sens

Spécialiste de l’étiquette et conférencière, Julie Blais Comeau, considère que le pourboire a plus que jamais sa raison d’être. «Quand on pense à un pourboire, c’est une reconnaissance, une appréciation du service. En temps de pandémie, où il y a des précautions additionnelles qui sont prises, selon moi, c’est exactement ce que c’est qu’un pourboire», explique-t-elle en entretien téléphonique.

La spécialiste estime qu’il faut considérer les risques encourus par les travailleurs et évaluer les efforts déployés pour «assurer notre sécurité et notre santé». Sans forcer quiconque à donner plus qu’à l’accoutumée, d’autant plus que plusieurs personnes ont perdu leur emploi durant les derniers mois, elle invite ceux qui peuvent se le permettre à augmenter leur pourboire. Aucun chiffre ni balise, cette hausse est à la discrétion de chacun.

Différents comportements sur le terrain

«On n’a pas rouvert encore pour manger sur place, mais pour le "take out", la réponse est oui [nous avons reçu plus de pourboires]», indique Félix Waub du café et bar Darling à Montréal. Il ajoute qu’en moyenne, la clientèle a laissé 13% de pourboire pour des commandes ramassées au comptoir, alors qu’il n’est pas du tout nécessaire de laisser quoi que ce soit, règle générale.

L’application Uber Eats, spécialisée dans la livraison de commandes en restauration, révélait d’ailleurs que le montant moyen du pourboire avait grimpé de 55% à l’échelle du Canada, entre mars et juin. 

Livraison de Uber Eats à vélo.
AFP
Livraison de Uber Eats à vélo.

«Les gens ont l’air de faire peut-être un peu plus attention à leurs finances. Il y a une grande partie de l’argent remis en pourboire qui habituellement passe par la réception. Nous, on voit vraiment moins de transactions au niveau du pourboire actuellement», dit inversement Joëlle Allard, chargée de communications et des ressources humaines pour L’Attitude Massothérapie, à Québec.

Cette dernière ajoute en contrepartie que plusieurs massothérapeutes reçoivent leur pourboire directement des mains du client pour éviter de multiples contacts avec l’argent. «Certains ont même des fois les larmes aux yeux à la fin de leur massage parce que c’est la première fois qu’ils se font toucher en trois mois. Pour plusieurs massothérapeutes [...] le côté humain ressort et c’est ce qui prime avant le pourboire», souligne-t-elle.

Et si on ne peut pas se permettre le petit extra?

Tout le monde ne peut pas se permettre de donner plus. Mme Blais Comeau considère qu’il y a plusieurs façons de démontrer son appréciation pour un service rendu. Dire merci, rédiger une note manuscrite, offrir une bouteille d’eau ou une friandise glacée par temps chaud, partager son contentement sur les réseaux sociaux ou envoyer une évaluation positive de l’employé à l’entreprise sont des exemples qu’elle propose pour démontrer sa gratitude. 

«Une reconnaissance qui va être dans le dossier, qui est vu et qui est lu par un employeur, va pouvoir contribuer au maintien à l’emploi d’une personne et qui sait à une augmentation de salaire», renchérit-elle, ce qui en fin de compte vaut pour beaucoup plus que les quelques dollars de pourboire.

Si un employé offre un service exceptionnel dont on souhaiterait souligner l’effort, mais qu’il lui est impossible d’accepter de l’argent (agents de livraison, professionnels de la santé, etc.), Mme Blais Comeau conseille de s’informer auprès de la personne elle-même pour connaître ce qui est approprié de faire. Peut-être qu’un chèque-cadeau ou une gâterie lui fera plaisir! 

Pourboire: devons-nous être plus généreux en temps de pandémie?
Unsplash.- Taylor Vick

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