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La crise brise l’équilibre fragile de ses finances

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Les personnes dont les finances étaient déjà en équilibre précaire avant la crise ont vu leur situation empirer avec la pandémie. C’est le cas de Geneviève, 46 ans, qui aura besoin d’aide pour s’en sortir.

La mère monoparentale d’un enfant de 11 ans travaillait comme gérante dans le commerce de détail. Lorsque toute l’économie du Québec s’est retrouvée sur pause, elle a été mise à pied pendant plus de deux mois.

La Prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000 $ mensuellement l’a aidée à tenir le coup, mais tout juste. Heureusement, elle pourra retrouver son poste dès la semaine prochaine, mais avec un horaire représentant 75 % du nombre d’heures qu’elle effectuait habituellement. Avec cette réduction, elle ne gagne plus que 506 $ par semaine, comparativement à 500 $ avec la PCU. Néanmoins, elle préfère retourner au travail, car elle risque de perdre son emploi si elle ne le fait pas. Or, cet arrêt forcé a fragilisé ses finances qui ne tenaient déjà qu’à un fil.

Des finances fragiles

Avant la pandémie, Geneviève vivait d’une paye à l’autre et était incapable d’épargner. L’an dernier, elle a d’ailleurs dû contracter un prêt personnel de 10 500 $ pour consolider ses dettes, et elle a également un solde total de 3000 $ sur ces deux cartes de crédit. Même si avec la crise, ses créanciers ont accepté de reporter les paiements, il ne s’agit que d’un bref répit, car très bientôt, les versements devront reprendre. De plus, au bout de six mois, ces reports lui auront coûté 175 $ en intérêt pour ses cartes de crédit et 420 $ pour le prêt personnel.

Elle devrait recommencer à travailler à temps plein à l’automne, mais d’ici là, elle craint de devoir continuer à s’endetter pour parvenir à joindre les deux bouts. Et si la reprise devait encore se faire attendre, elle a peur d’être acculée à la faillite, ce qu’elle veut absolument éviter », explique Pierre Fortin, syndic autorisé en insolvabilité, président de Jean Fortin et Associés.

Geneviève est allée consulter le syndic pour tenter de trouver une solution. Il a commencé par analyser son budget en calculant le plein montant de salaire qu’elle devrait toucher à partir du mois de septembre, ceci afin de déterminer si elle sera capable de reprendre le dessus à la sortie de la crise.

La proposition pour s’en sortir

Le budget établi par le syndic permet de voir aux dépenses de la famille et il se dégage même un surplus de 190 $ par mois. Malheureusement, cela n’inclut pas le remboursement des dettes, qui entraînera un déficit mensuel de 180 $ par mois. Geneviève doit en effet verser 270 $ pour son prêt de consolidation et 90 $ de paiement minimum pour ses deux cartes de crédit.

« À moins de pouvoir réduire ses dépenses ou ses dettes, ou encore d’augmenter ses revenus, elle n’aura d’autre choix que d’utiliser ses cartes de crédit pour joindre les deux bouts lorsque la période de report de paiements sera terminée », constate Pierre Fortin.

Puisque ses dépenses sont raisonnables et limitées à l’essentiel, il lui sera difficile de les diminuer davantage. Les deux seules solutions sont donc d’éliminer ses dettes avec une faillite, ou de les réduire avec une proposition de consommateur. Puisque Geneviève veut absolument éviter une faillite, elle a donc opté pour une proposition.

Le syndic a offert un montant de 6000 $ aux créanciers sur un total de 13 500 $. Cette somme sera payable en 60 mois à raison de versements mensuels de 100 $, ce qui respecte son budget et lui évitera de s’endetter pour éponger ses déficits récurrents

Conseils

  • « Bien souvent, lorsqu’on accumule des dettes après une consolidation, c’est le signe que le crédit est devenu une sorte de deuxième revenu qui nous permet de boucler les fins de mois », prévient Pierre Fortin. Une « béquille » qui finit toutefois par coûter cher, à cause des hauts taux d’intérêt. Ce signal devrait nous alerter que quelque chose ne tourne pas rond dans nos finances.
  • Lorsque le remboursement de nos dettes prend tant de place dans notre budget qu’il crée un déficit insurmontable, il faut donner un solide coup de barre pour redresser la situation.
  • Si vous êtes en difficulté financière, agissez rapidement. Si vous attendez, votre dossier de crédit en pâtira ou votre ratio d’endettement sera trop élevé, et vous aurez moins de solutions à votre disposition.