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Un voleur de bikinis condamné à quatre ans et demi de prison

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Un voleur des Basses-Laurentides, qui dérobait sous-vêtements et bikinis aux résidents de son voisinage pour assouvir sa déviance sexuelle, a été condamné vendredi à quatre ans et demi de détention.

Voyeurisme, action indécente, une douzaine d’introductions par effraction, vols de moins de 5000 $, possession de pornographie juvénile, intrusion de nuit, s’être dénudé dans un endroit public : Yannick Coutu a plaidé coupable à une kyrielle d’accusations vendredi. L’homme de 46 ans a déjà une longue feuille de route criminelle remplie de délits semblables. 

«Dérape»

À l’été 2018, le résident de Boisbriand a «dérapé», selon ce qui a été raconté au palais de justice de Saint-Jérôme.

Celui qui consommait «énormément de méthamphétamines» passait ses nuits à rôder dans les cours de résidences de son voisinage, dans le sud-ouest de la ville.

Coutu a dérobé de nombreux objets banals, comme un ballon de plage, un livre pour enfants, un fusil à eau, un sac magique et des cartes fidélité de commerces, notamment. Mais ce que le voleur a subtilisé en plus grande quantité, ce sont des maillots de bain et des sous-vêtements pour enfants ainsi que des bikinis pour dames, étendus sur des sèche-linge.

Il utilisait ensuite ces effets intimes pour «habiller» des arbres ou des coussins, sur lesquels il se masturbait pour assouvir ses fantasmes dans des secteurs boisés. 

Coutu s’est fait prendre quand il a été capté sur le fait par une caméra de surveillance. Le criminel a aussi filmé certaines de ses séances dans la forêt avec un cellulaire qui a été trouvé sur lui lors de son arrestation en août 2018.

Thérapie

Pour la défense, cette série de crimes était en quelque sorte un cri à l’aide de la part de Coutu, qui voulait mettre un terme à cette spirale déviante. 

«Il a travaillé fort en dedans pendant sa détention préventive. Il est mûr pour passer à un autre appel», a souligné Me Louis-Alexandre Martin.

Au premier abord, Me Caroline Buist, de la Couronne, voyait plutôt «un abuseur en puissance, une bombe à retardement».

«On était à la veille qu’une catastrophe se produise», a-t-elle noté.

Mais puisque Coutu reconnaît maintenant son problème et est ouvert à suivre une thérapie spécialisée offerte à la prison de Percé, les avocats ont suggéré conjointement à la juge Nancy McKenna de lui imposer une peine de 54 mois de détention.

«S’il ne saisit pas sa chance maintenant, on a tous les éléments pour qu’il parte pour la lune s’il y a récidive», a illustré la procureure, faisant allusion à une longue sentence.

Le voleur s’est excusé vendredi, précisant qu’il avait «très honte» et qu’il trouve ses gestes «complètement absurdes».

La magistrate a entériné la proposition des avocats, en stipulant à Coutu que son plus grand souhait était qu’il puisse fonctionner normalement en société un jour. 

Détenu depuis son arrestation, il ne lui reste que deux ans moins un jour à purger.