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30 ans de la crise d'Oka: pas de commerces de cannabis

Grand Chef Serge Simon
Photo Pierre-Paul Poulin Le grand chef du Conseil de bande de Kanesatake, Serge Otsi Simon, ne veut pas de « cabanes à pot » dans la pinède d’Oka.

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Advenant la création d’un parc autochtone dans la pinède d’Oka, aucune activité commerciale n’y sera permise.

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« Ce sera strictement interdit d’installer des commerces de cannabis », tranche le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, qui n’entend pas laisser ceux qui contrôlent ce lucratif commerce nuire au projet d’aire protégée qui l’occupe.

Il répond ainsi au maire d’Oka, Pascal Quévillon, qui craint que l’octroi de plus de terres aux Mohawks engendre une croissance des activités illicites.

« Il y a une minorité qui aurait probablement des intentions d’utiliser le territoire à ses propres fins », admet le grand chef, qui compte sur le rétablissement d’un corps de police locale pour mettre de l’ordre.

Kanesatake étant sans police locale depuis 2005, le Conseil de bande a fait une demande de budget en ce sens et espère en arriver à une entente tripartite avec Ottawa et Québec. 

L’ombre des Warriors

Il y a 30 ans, « c’était à propos du territoire. Mais c’est devenu à propos des cigarettes, du pot et de l’alcool. Tout ce que vous pouvez trafiquer », a rappelé le négociateur et communicateur mohawk Allen Gabriel, lors d’une conférence publique à l’Université St-Stephens en 2018.

Depuis l’été 1990 qu’il a passé dans la pinède, Allen Gabriel dénonce ceux qui contrôlent ce commerce et qui ont pris le contrôle de la barricade d’Oka pour défendre leurs propres intérêts, selon lui, les Warriors.

Il déplore que leur drapeau soit aujourd’hui associé à la résistance des peuples autochtones. Pour lui, la glorification des Warriors est dangereuse. 

« Ce ne sont pas des guerriers, ce sont des voyous », a-t-il dit à St-Stephens.

Proclamés « force souveraine » de sécurité, ces guerriers sont des nationalistes armés qui ne reconnaissent pas l’autorité du gouvernement blanc, de la police, ni des conseils de bande.

Conflits fratricides

Ils défendent le commerce et les casinos comme des moteurs économiques permettant aux Autochtones de s’émanciper des subsides de l’État. Ils ne font toutefois pas l’unanimité.

Les guerriers étaient ainsi au cœur d’une guerre fratricide à Akwesasne en avril 1990, deux mois avant le drame d’Oka. Ce conflit a coûté la vie à deux personnes. Il opposait les anti-casinos réunis autour du Conseil de bande, aux pro-
casinos rassemblés autour des Warriors.

Pour ramener le calme, 400 policiers de l’État de New York et de la Sûreté du Québec (SQ) ont envahi Akwesasne, pendant qu’une centaine d’autres de la police de l’Ontario bloquaient le pont international de Cornwall.