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Encore l’éthique

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Justin Trudeau cultive l’art de se tirer dans le pied.

Alors que sa popularité atteint des sommets, des doutes sur l’intégrité de son éthique planent, encore une fois. 

La présente enquête du Commissaire à l’éthique, lancée hier, concerne un contrat d’au moins 19 millions $ accordé à l’organisme WE Charity, ou UNIS, en français.

La controverse a éclaté dès qu’on a appris, la semaine dernière, qu’UNIS avait obtenu ce contrat sans appel d’offres, pour la gestion d’un programme de bourses fédérales pour étudiants de 900 millions $.

Les liens étroits entre cette organisation et la famille Trudeau sont bien connus.

Une forte odeur de copinage, sinon de favoritisme, a rapidement commencé à émaner du bureau du premier ministre. 

Épine dans le pied

Justin Trudeau a bien sûr droit à la présomption d’innocence. Mais politiquement, cette nouvelle enquête constitue une épine dans le pied majeure. 

Cette blessure auto-infligée des libéraux donne un os à gruger aux partis d’opposition, qui étaient relégués au second plan à cause de la pandémie.

Déjà tendue, la relation entre le gouvernement et les oppositions risque de s’envenimer davantage dans ce Parlement minoritaire, qui s’est montré inefficace dans les dernières semaines pour réformer des programmes d’urgence comme la PCU.

Ce n’est pas la première fois que l’éthique élastique du premier ministre lui éclate au visage.

Justin Trudeau a déjà été trouvé coupable d’avoir violé à deux reprises les lois fédérales sur l’éthique. 

La première fois, c’était pour son voyage sur l’île privée d’un leader religieux milliardaire, l’Aga Khan. Et l’autre était dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

Squelettes

L’enquête du commissaire à l’éthique est lancée le jour même où les liens ont été rompus entre le fédéral et UNIS, chez qui on découvre chaque jour de nouveaux squelettes dans le placard. 

Il semble que, malgré l’inconfortable proximité entre les libéraux et UNIS, personne au sein du gouvernement n’a eu vent des pratiques controversées. 

Justin Trudeau a martelé jusqu’à hier qu’UNIS était le seul organisme capable de gérer le programme de bourses pour étudiants, sans convaincre grand monde. 

Le fédéral a mis en œuvre une foule de programmes depuis le début de la pandémie. Était-il vraiment incapable d’en gérer un de plus ?  

Plusieurs au sein du milieu communautaire ont aussi remis en question les fondements mêmes du programme.

Car la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant n’a de bénévole que le nom. 

Elle prévoit que les participants soient dédommagés jusqu’à 5000 $ pour leur dévouement. 

Les organismes communautaires bénévoles y voient une forme de concurrence déloyale.

Peut-être que l’enquête du commissaire est l’occasion de revoir ce coûteux programme ?