/world/opinion/columnists
Navigation

Hong Kong: Trudeau a raison

Coup d'oeil sur cet article

Justin Trudeau a eu raison de suspendre le traité sur l’extradition entre le Canada et Hong Kong. Il n’est pas le seul à remettre en question les relations que le Canada entretient avec la Chine. 

Brian Mulroney a aussi appelé à une révision en profondeur des relations entre les deux pays. Ceux qui défendent la Chine de Xi Jinping sont souvent des courtisans qui font carrière dans des organisations internationales, et qui ont besoin du soutien du gouvernement chinois, ou encore des personnes proches de milliardaires qui craignent de perdre leurs investissements en Chine. 

La loi sur la sécurité de Hong Kong qui vient d’entrer en vigueur le 1er juillet ne laisse aucun doute sur les intentions de Xi : son gouvernement est un ennemi féroce des démocraties. Les démocraties n’ont d’autres choix que de réagir vigoureusement.


Que contient la nouvelle loi sur la sécurité de Hong Kong ?

La nouvelle loi sur la sécurité de Hong Kong est pire que ce qui était appréhendé. La loi punit les gestes de terrorisme, de promotion de l’indépendance, de collusion avec l’étranger et de subversion. La collusion avec l’étranger et la subversion sont définies en termes suffisamment vagues pour inclure toute critique contre les dirigeants chinois et le système communiste. Cela était attendu. Mais la loi étonne par les peines extrêmement sévères qui sont encourues. Les dirigeants des mouvements démocratiques et leurs assistants risquent la prison à vie. En plus, les juges n’ont aucune indépendance et les procès peuvent être tenus en secret. Mais surtout, la loi s’applique non seulement aux résidents de Hong Kong, mais aussi à toute personne dans le monde qui oserait promouvoir l’indépendance de Hong Kong ou encore critiquer le gouvernement chinois. 


Pourquoi suspendre un traité d’extradition ?

Avec cette loi, il serait facile pour le gouvernement hongkongais de demander l’extradition vers Hong Kong de quiconque a violé la loi chinoise sur la sécurité. Techniquement, tous les Canadiens y seraient soumis. Étant donné la diplomatie de prise d’otage dans laquelle le gouvernement de Xi Jinping s’est engagé, on comprend aisément les problèmes d’un traité d’extradition avec Hong Kong. 


Que vont faire les défenseurs de la démocratie à Hong Kong ?

Les mouvements démocratiques ont décidé de se dissoudre et de devenir clandestins. La nouvelle loi sur la sécurité permet en effet au gouvernement de Xi Jinping de faire de l’écoute électronique sans mandat judiciaire, d’infiltrer n’importe quelles organisations, y compris les partis politiques. En fait, historiquement, le Parti communiste chinois a toujours été un maître dans l’art de neutraliser et de détruire ses opposants. Les démocrates de Hong Kong jonglent donc avec l’idée d’établir un gouvernement démocratique de Hong Kong en exil, peut-être en Grande-Bretagne ou en Australie.


D’autres pays vont-ils imiter le Canada ?

Très certainement. Une vingtaine de pays dont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon et l’Inde ont signé un traité d’extradition avec Hong Kong, mais pas avec le reste de la Chine. Le gouvernement de Xi Jinping devient chaque jour plus conquérant et plus violent.


Hong Kong pourrait-elle un jour devenir une démocratie ?

Désormais, la démocratisation de Hong Kong passe par celle de la Chine tout entière. Cette démocratisation implique la chute du Parti communiste chinois. Il est improbable qu’une telle chute survienne à court ou à moyen terme. Mais le gouvernement de Xi Jinping n’est peut-être pas aussi solide qu’il en donne l’impression.