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Le plaisir d’enquêter aux Îles

<strong><em>Les Demoiselles de Havre-Aubert</em><br>Jean Lemieux</strong><br>Québec Amérique<br>270 pages
Photo courtoisie Les Demoiselles de Havre-Aubert
Jean Lemieux

Québec Amérique
270 pages

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On part en vacances en enquêtant ! Et on le fait dans un polar qui semble écrit exprès pour cet été 2020, alors que la destination la plus exotique pour les Québécois s’appelle... les Îles-de-la-Madeleine. Un monde à part qui a sa touche de mystères.

Ce n’est pas la première fois que Jean Lemieux, auteur prolifique, explore les Îles-de-la-Madeleine dans son œuvre. C’est même là qu’il avait fait connaître son détective fétiche, André Surprenant. Quelques ouvrages ont d’ailleurs déjà permis de suivre les enquêtes madelinoises de celui-ci.

Dans Les Demoiselles de Havre-Aubert, sixième titre de la série des enquêtes de Surprenant, celui-ci a beau être devenu sergent-détective aux crimes majeurs au Service de police de Montréal, il reprendra la direction des Îles. 

Et ça arrive un peu par hasard.

Le gérant d’une boutique de prêts sur gages a été retrouvé assassiné dans l’arrondissement de Verdun, quartier favori de bien des Madelinots installés à Montréal. C’est le cas du gérant qu’on a tué.

Or, André Surprenant est sur le point de partir en vacances aux Îles, où il a si longtemps travaillé. Ne pourrait-il pas profiter de sa présence là-bas et de ses contacts pour donner un coup de main à l’enquête ? lui demande son patron.

Son séjour prend donc une nouvelle tournure, riche d’une intrigue qui implique les guerres mafieuses et le trafic de drogue sur les mers du sud, sur fond du décor enchanteur des Îles. Et de nouveaux cadavres s’ajoutent.

Surprenant tente donc de rassembler tous les morceaux du puzzle, mais au rythme d’un policier qui, sans mandat très clair, enquête à pied sur un coin de terre où affluent les touristes du mois d’août.

Ça sent le mystère autant que la farniente. La violence des rues de la ville et le vent salin des falaises des Îles. La dureté de la vie criminelle et le pittoresque des Madelinots. Nous sommes conquis.

Et même si André Surprenant a déjà tout un passé romanesque, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les ouvrages précédents pour s’y retrouver. Jean Lemieux glisse les informations nécessaires pour ne pas perdre son lectorat.

Comme si on y était

La finale du livre ne cause pas une grande surprise. Ça pourrait apparaître une faiblesse pour un roman policier, mais dans ce cas-ci, ce n’est pas un enjeu. 

L’important est ailleurs : dans le personnage bien campé qu’est André Surprenant comme dans la manière dont l’auteur oppose la condescendance d’enquêteurs venus d’ailleurs à des Madelinots qui en ont vu d’autres.

Sans oublier cette habile façon qu’il a de nous faire circuler dans des paysages inoubliables tout en nous gardant accrochés à une intrigue à multiples niveaux.

En fin connaisseur des Îles, Lemieux sait aussi en raconter la vie quotidienne, au-delà des images de cartes postales. Comme si on y était, ce qui se savoure mieux que jamais quand on sort d’un grand confinement.

Vraiment le polar idéal pour une évasion estivale, réelle ou rêvée !