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Compliqué de faire distancer les jeunes fêtards

Des tenanciers ferment plus tôt, misent sur leur terrasse ou imposent le couvre-visage et la prise de température

Restos distanciation
Photo Dominique Scali Louis-Olivier Provost (à gauche) et Manny Vides (à droite), devant le Dirty D à Brossard. Ils font partie des tenanciers qui souhaitent partager leurs bonnes pratiques.

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Des tenanciers de bars et de pubs essaient une panoplie d’idées pour éviter de passer pour des « nazis » auprès de leur clientèle fêtarde tout en s’assurant de faire respecter les règles de distanciation sociale.

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« Lave tes mains. On sait où elles ont été avant... » Voilà un des 10 commandements rigolos du bar Dirty D, situé en plein cœur du Quartier Dix30, sur la Rive-Sud.

« Ce sont les 10 choses qu’on doit répéter à toutes les cinq minutes », explique le copropriétaire Manny Vides. Dans certaines boîtes de nuit, on va même jusqu’à imposer le port du couvre-visage.

Au Dirty D, il n’y a maintenant plus de piste de danse, ni de cours de salsa. Mais la superficie de la terrasse a pratiquement doublé et on peut goûter à des tacos et margaritas authentiques. 

Et comme les clients doivent consommer assis, le bar a créé un système d’étampes pour s’assurer que les clients restent dans leur section.

« Moitié-moitié »

« C’est vraiment moitié-moitié. D’un côté, on nous félicite [...]. Les gens sont même plus généreux qu’avant dans les pourboires », note M. Vides.

Mais une bonne partie de la clientèle a tendance à rouspéter ou à mal coter l’établissement sur les réseaux sociaux, notamment lorsque la capacité maximale est atteinte en raison de la distanciation sociale.

« Il y en a qui disent : “Ben là, moi je veux entrer”. “Je vais retourner à telle place, où je vais me faire respecter ”, illustre M. Vides.

Depuis leur réouverture, plusieurs tenanciers de bars sont pris entre deux rôles contradictoires : celui de pourvoyeur de party où on peut lâcher son fou, et celui de gardiens des règles sanitaires.

« Toute ta vie tu as été dans l’hospitalité [...] Et là, les clients [nous] prennent pour des nazis. C’est intenable », s’exclame Jean-Sébastien Michel, propriétaire du bar expérimental Alkademie, à Montréal.

Les tenanciers sont « laissés à eux-mêmes », critique celui qui croit que le gouvernement devrait faire de la sensibilisation spécifique à la clientèle des bars. « Parce que là, ce sont les établissements qui font attention qui se font lancer des roches », résume-t-il.

100 % terrasse

C’est pourquoi il a rameuté une quinzaine de tenanciers qui tiennent à bien faire les choses afin qu’ils puissent partager leurs bonnes idées. 

Plusieurs misent entièrement sur leur terrasse, agrandie grâce à la piétonnisation de nombreuses rues.

Des propriétaires de bars, comme Philippe Haman, s’inquiètent des difficultés à faire respecter les mesures sanitaires et craignent que les récalcitrants ne sonnent la fin de leur réouverture.
Photo Dominique Scali
Des propriétaires de bars, comme Philippe Haman, s’inquiètent des difficultés à faire respecter les mesures sanitaires et craignent que les récalcitrants ne sonnent la fin de leur réouverture.

« C’est ça qui nous a sauvé », dit Philippe Haman, propriétaire de La Distillerie, sur l’avenue Mont-Royal, dans la métropole.

Au pub L’Amère à boire, sur Saint-Denis, exit les banquettes où les clients peuvent se retrouver entassés : ils doivent s’asseoir sur de larges chaises individuelles.

« On a pris beaucoup de mesures pour éviter cela, plutôt que d’avoir à essayer de changer les comportements », explique le propriétaire René Guindon. 

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.