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Incendie au Saguenay–Lac-Saint-Jean: la partie loin d’être gagnée

L’important incendie de forêt fait rage depuis près de trois semaines

Feu de forêt Lac-Saint-Jean
Photo courtoisie Des pompiers forestiers ratissent des secteurs où les flammes ont tout rasé sur leur passage, excepté les troncs d’arbres calcinés qui tiennent toujours. L’incendie dépasse la superficie de l’île de Montréal.

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Le gigantesque incendie de forêt dans le nord du Lac-Saint-Jean continue de se résorber, mais la partie n’est pas encore gagnée, prévient la SOPFEU, qui pourrait lutter encore quelques semaines pour en venir à bout.

Le brasier, dont la superficie dépasse largement celle de l’île de Montréal, est considéré comme «contenu» par la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), c’est-à-dire que sa progression a été freinée «temporairement». 

Signe encourageant pour les pompiers forestiers : la propagation apparaissait improbable sur les trois quarts du périmètre incendié, dimanche soir. Environ «75 %» de la surface est jugée «maîtrisée», la propagation est franchement freinée, indique la porte-parole de la SOPFEU, Josée Poitras. 

«On a beaucoup progressé. La météo nous a aidés. Avant ça, on était à environ 50-55 %. [Dimanche], c’est [75] %, mais il n’y a jamais de partie de gagnée. Et souvent, avec la météo, ça se rallume», prévient la porte-parole.

Des flammes continuent ainsi de dévorer des secteurs forestiers à l’intérieur du périmètre, tandis que l’incendie peut rester actif sous le couvert forestier à certains endroits. «On observe quelques petits feux. Il y avait un taux d’assèchement élevé et des rafales.»

Immense périmètre

La météo des prochains jours devrait donner un coup de pouce aux sapeurs et un peu d’espoir aux villégiateurs, avec une humidité plus importante et des averses à l’horizon en début de semaine. «Ça va permettre de mieux travailler sur le feu et d’apaiser son comportement», anticipe Mme Poitras.

Les récents gains sur le feu ont permis de resserrer le périmètre où l’accès est interdit, permettant à plusieurs propriétaires de chalets de regagner leur résidence secondaire. 

Patience mise à l’épreuve

Par contre, la patience de ceux qui possèdent un bâtiment dans le périmètre actuel pourrait être mise à l’épreuve.

«Disons que la pilule était dure à avaler. Mon mari débutait sa retraite et on avait hâte d’en profiter au maximum au chalet. Pour le moment, on ne peut pas encore monter pour voir et on a hâte», raconte la propriétaire d’un chalet près du lac Pamouscachoui, qui préférait ne pas être nommée.

L’incendie qui fait rage dans le secteur dure depuis le 16 juin, soit il y a près de trois semaines. Selon Josée Poitras, «c’est dans la normale des choses pour un feu d’une grande superficie». 

«Il y a dix ans, on a eu un feu de plus de 100 hectares au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Ça nous avait pris 100 jours pour en venir à bout», donne-t-elle en exemple.

Des équipes relocalisées

La SOPFEU a par ailleurs relocalisé stratégiquement ses équipes sur le territoire québécois devant le risque d’incendie et l’important contingent de 280 pompiers et personnel de soutien déployé au nord du Lac-Saint-Jean. 

Vingt pompiers forestiers de l’Ontario, appelés à prêter main-forte pour le feu de Rivière-Ouelle, ont notamment été affectés au poste de Chibougamau. 

Encore beaucoup de travail pour les pompiers 

Le rectangle rouge représente la zone interdite. Ceux qui possèdent un chalet dans cette zone ne peuvent s’y rendre. Le territoire orange à l’intérieur représente l’incendie.
Le rectangle rouge représente la zone interdite. Ceux qui possèdent un chalet dans cette zone ne peuvent s’y rendre. Le territoire orange à l’intérieur représente l’incendie.

Un feu de forêt gigantesque  

  • Superficie du feu : 600 km2 
  • Superficie de l'Île de Montréal : 500 km2  
  • 160 pompiers forestiers et 120 employés de soutien déployés  
  • L’incendie est présumé «contenu» et maîtrisé à 75 %  

Une interdiction de feu à ciel ouvert est en vigueur à plusieurs endroits au Québec, dont en Mauricie, dans Lanaudière, dans les Laurentides et en Outaouais.