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L’acquittement du chef d’un groupe d’extrême droite va en appel

Palais Verdict au procès de Raphaël Levesque
Photo Ben Pelosse Raphaël Lévesque. Acquitté

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La Couronne a porté en appel l’acquittement du leader du groupe d’extrême droite Atalante pour avoir semé la pagaille dans les bureaux du média Vice Québec, mais elle concède qu’il n’y a pas eu de harcèlement envers le journaliste qui était visé.

• À lire aussi: Acquitté d’intimidation envers un journaliste

« La première juge a erré en droit », affirme la Couronne, qui demande au minimum un nouveau procès pour Raphaël Lévesque.

L’homme de 36 ans n’en a donc pas terminé avec la justice, lui qui avait obtenu un acquittement total le mois passé pour un événement qui s’était produit en mai 2018.

À l’époque, il en avait contre le journaliste Simon Coutu, qui avait signé plusieurs textes à propos de groupes extrémistes, dont Atalante Québec.

  • Alain Saulnier, professeur invité au Département de communication de l’Université de Montréal, était à QUB radio pour en parler :

Liberté d’expression

Accompagné de six fiers-à-bras masqués – lui ne l’était pas – Lévesque avait fait irruption dans les bureaux du média québécois afin de remettre au journaliste un « prix média poubelle 2018 » composé de mégots de cigarettes.

«Merci de partir à la guerre», avait dit Lévesque pendant que le groupe jetait des épigrammes et faisait jouer de la musique.

Accusé d’introduction par effraction, de méfait, de harcèlement et d’intimidation, Lévesque s’était défendu d’avoir eu une intention criminelle. Et la juge Joëlle Roy lui a donné raison sur toute la ligne, indiquant que l’accusé n’avait que fait valoir sa liberté d’expression.

«Ce jugement n’est pas une licence afin de reproduire de tels agissements, mais la ligne est parfois ténue entre incivilité et acte criminel», avait toutefois dit la magistrate.

Pas de harcèlement

La juge avait également écorché M. Coutu, lui reprochant d’avoir « menti » lors de son témoignage. Le journaliste avait nié que pendant les procédures judiciaires il avait tenté de joindre l’accusé sur Facebook en utilisant un faux nom, dans le but d’obtenir une entrevue.

Or, si la Couronne veut faire renverser l’acquittement sur les chefs d’introduction par effraction et de méfait en se basant sur le concept d’intention criminelle, elle ne demande rien pour les accusations de harcèlement et d’intimidation. C’est donc dire que selon la poursuite, la juge n’a pas fait d’erreur de droit qui permet de contester ces deux chefs. 

  • Compte tenu des délais à la cour, il serait étonnant que la cause soit entendue avant l’hiver.