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Des influenceurs collés collés s’affichent sans retenue

Des milliers d’abonnés les suivent sur les réseaux sociaux alors que la COVID-19 grimpe chez les jeunes

Influenceur pas fort
Photo tirée d'Instagram, @_elodypetit L’influenceuse Elody Petit et trois autres de ses amies posent collées les unes sur les autres près d’un lac.

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Des influenceurs suivis par des milliers d’abonnés n’hésitent pas à publier des photos d’eux agglutinés contre leurs amis dans une piscine ou sur une terrasse, alors que les cas de COVID-19 grimpent chez les jeunes.

• À lire aussi: Compliqué de faire distancer les jeunes fêtards

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« Bonne Saint-Jean à tous », publiait Marina Bastarache le 24 juin à côté d’une photo où on la voit trinquer en compagnie de PO Beaudoin. Ensemble, les deux influenceurs ont 261 000 abonnés sur Instagram. 

Pierre-Olivier Beaudoin et Marina Bastarache sur une terrasse de Montréal le jour de la fête nationale du Québec.
Photo tirée d'Instagram, @marinabastarache
Pierre-Olivier Beaudoin et Marina Bastarache sur une terrasse de Montréal le jour de la fête nationale du Québec.

Tout porte à croire que trois des quatre personnes sur cette photo n’habitent pas sous le même toit, ce qui contrevient à la règle du deux mètres entre gens de différents ménages. Aucun ne porte le masque, qui est alors fortement recommandé lorsque la distanciation n’est pas possible.

Le Journal a pu identifier plusieurs influenceurs québécois comptant plus de 10 000 abonnés en flagrant délit d’attroupement dans les dernières semaines, dont Rym Nebbak et Elody Petit. 

Rym Nebbak, Sarah Claude-Vollelv et Jennifer Nogue, de l’émission de téléréalité Occupation double, s’affichent sans respecter la distanciation.
Photo tirée d'Instagram, @rymnebbak
Rym Nebbak, Sarah Claude-Vollelv et Jennifer Nogue, de l’émission de téléréalité Occupation double, s’affichent sans respecter la distanciation.

Depuis plusieurs jours, les autorités multiplient les sorties pour faire face au relâchement des règles sanitaires, notamment en réaction à la présence de jeunes infectés dans un bar bondé de Brossard où la distanciation était inexistante en fin de semaine. 

En date du 6 mai, les jeunes de moins de 30 ans représentaient moins d’une personne infectée sur 7 au Québec. 

Deux mois plus tard, au 6 juillet, cette proportion avait grimpé à 1 sur 5, selon le ministère de la Santé. 

Des influenceurs peuvent-ils avoir contribué à ce relâchement ? Dur à dire. 

« Mais c’est sûr que ça peut avoir un impact », dit Alexandre Coutant, professeur de communication sociale et publique à l’UQAM. 

Cette influence est rarement directe. Ce n’est pas de voir une personnalité en train de faire des câlins à quatre amis qui incitera les gens à faire de même, mais la répétition de ces images qui en vient à créer une « norme sociale », explique M. Coutant.  

Beaucoup de relâchement

Au plus fort du confinement, François Legault a lancé un appel aux vedettes et artistes pour sensibiliser les jeunes. 

C’est ce que la plupart des influenceurs ont fait, assure Nicolas Bon de l’agence Clark Influence. 

« Même que l’influence a retrouvé un peu de son sens [...], en ne servant plus juste à vendre des produits. »

Et puis le déconfinement est arrivé. Antonin Pasquereau, de l’agence de marketing BlackCatSEO, a alors commencé à voir passer des vidéos dans lesquelles les gens ne respectaient plus la distanciation. 

  • Écoutez l'entrevue d'Antonin Pasquereau avec Jean-François Baril à QUB Radio:

Dans une photo publiée à la fin juin, le coiffeur Kevins Kyle se trouve sur un bateau, entouré de sept femmes en maillot de bain. Entre eux, zéro mètre de distance.

Difficile pour le coiffeur et influenceur Kevins Kyle et sept de ses collègues de garder 2 m de distance sur ce petit bateau.
Photo tirée d'Instagram, @kevins__kyle
Difficile pour le coiffeur et influenceur Kevins Kyle et sept de ses collègues de garder 2 m de distance sur ce petit bateau.

« J’étais avec des collègues de travail. On se côtoie tous très régulièrement. On a fermé notre cercle social et je ne vois presque pas mes amis en ce moment », justifie celui qui a quelque 42 000 abonnés. 

Généralisé

Pour M. Pasquereau, le fait que des personnalités s’affichent ainsi illustre que ce comportement est accepté dans la population. « Et les marques qui les sponsorisent, je pense qu’elles s’en fichent », dit-il

Il s’interroge d’ailleurs sur l’efficacité des messages des autorités de santé publique à une époque où les réseaux sociaux sont « le terrain d’action le plus important ».

« Sur les médias sociaux, tout le monde a une responsabilité, mais tout le monde ne s’en rend pas forcément compte », résume Aurélie Sauthier de la maison Made in. 

Les influenceurs n’ont pas vraiment de formation ou de code d’éthique, abonde M. Coutant. «Je ne leur taperais donc pas trop sur la tête.»  

«Mais je pourrais faire un article par jour sur tous les problèmes que causent leurs actions», avoue-t-il.

Par exemple, «il y a des influenceurs qui sont suivis par des jeunes et qui mettent de l’avant tout ce qu’ils picolent», alors que la promotion des boissons alcoolisées et les messages s’adressant aux mineurs sont très réglementés dans la publicité traditionnelle.

Marina Bastarache, Pierre-Olivier Beaudoin, Rym Nebbak et Elody Petit ont décliné ou n’ont pas retourné les demandes d’entrevue du Journal.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.