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Le fisc pince un ex-complice du «Loup de Montréal»

L’homme écope d’une amende de près d’un demi-million de dollars

Robert Kalfayan
Photo tirée de Facebook On voit ici Robert Kalfayan en 2014 dans les hauteurs de la Principauté de Monaco.

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Un ancien acolyte de celui qu’on a surnommé le « Loup de Montréal » a été frappé d’une amende de près de 500 000 $ pour une évasion fiscale complexe impliquant des transferts d’argent depuis un paradis fiscal exotique.

Robert Kalfayan a plaidé coupable hier au palais de justice de Laval à des accusations d’évasion fiscale déposées à la suite d’une enquête de l’Agence du revenu du Canada.

Kalfayan était un associé de John Babikian, dit le « Loup de Montréal », un fraudeur à la réputation sulfureuse à qui on a prêté des ressemblances avec le personnage principal du film Le Loup de Wall Street, interprété par Leonardo DiCaprio.

Le complice du « Loup de Montréal » a été pincé entre autres à cause de son train de vie qui ne correspondait pas à ses revenus déclarés.
Photo tirée de Facebook
Le complice du « Loup de Montréal » a été pincé entre autres à cause de son train de vie qui ne correspondait pas à ses revenus déclarés.

Babikian menait un train de vie flamboyant – voitures de sport, maisons en Californie et jet privé – et avait accumulé une fortune de 100 millions $ en quelques années grâce à des techniques illégales de manipulation boursière.

Il envisageait même de bâtir à Laval une demeure digne de Tony Stark, un personnage de bande dessinée et des films Iron Man, selon ce qu’a découvert notre Bureau d’enquête.

Il a fui le Québec en 2012 et on croit qu’il se terre maintenant en Russie. Les autorités américaines sont toujours à ses trousses. On lui reproche d’avoir causé des pertes de 3 milliards $ aux investisseurs en Amérique du Nord en influençant le cours d’actions de faible valeur.

À l’aéroport de Montréal

Son ancien associé, Robert Kalfayan, lui, n’a pu échapper à la justice.

Il a été arrêté à sa descente d’avion à l’aéroport Montréal-Trudeau en décembre dernier, quelques jours avant Noël.

L’Agence du revenu avait réussi à le coincer. Les enquêteurs fédéraux ont découvert qu’il avait tenté d’échapper frauduleusement au paiement d’un montant d’impôt fédéral de 700 000 $ « à l’aide d’un stratagème complexe » au début des années 2010, a-t-on indiqué dans un communiqué diffusé hier.

Kalfayan voulait mettre sa luxueuse maison de Laval à l’abri des efforts de l’Agence du revenu pour la saisir et récupérer ainsi l’impôt impayé. 

Pour ce faire, il a monté un plan astucieux. Grâce à un complice, il a contracté une hypothèque fictive de 700 000 $ sur la résidence. De cette façon, il barrait la route à l’Agence du revenu, incapable dorénavant de grever la maison d’une hypothèque légale.

En réalité, les 700 000 $ de l’hypothèque étaient les siens. La somme provenait en large partie de virements bancaires effectués depuis des comptes bancaires qu’il détenait au Belize, un petit pays de l’Amérique centrale considéré comme un paradis fiscal. 

Une maison de 1,2 M$

Le stratagème d’évasion fiscale orchestré par Kalfayan concernait sa luxueuse maison de Laval.
Photo d'archives, Agence QMI
Le stratagème d’évasion fiscale orchestré par Kalfayan concernait sa luxueuse maison de Laval.

Selon les documents déposés en cour, Kalfayan avait déclaré des revenus à l’impôt qui ne correspondaient pas au train de vie qu’il menait. Ainsi, en 2012, il avait fait l’achat d’une maison de 1,2 million $ dans le Domaine des Berges, dans le quartier Sainte-Dorothée, à Laval, ce qui avait mis la puce à l’oreille de l’Agence du revenu.

En plus de l’amende de 495 614 $, Kalfayan devra rembourser l’impôt qu’il doit au fisc. 

D’après des documents obtenus par notre Bureau d’enquête, qui proviennent de la Securities and Exchange Commission, aux États-Unis, le « Loup de Montréal » aurait partagé de l’argent avec Kalfayan. Babikian aurait, en effet, versé des fonds dans l’une des compagnies de Kalfayan.