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Russie: des perquisitions visant des détracteurs du pouvoir

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MOSCOU | Une série de perquisitions ont visé jeudi matin à Moscou une conseillère municipale d’opposition et des organisations critiques du pouvoir en Russie. 

La députée d’un district de Moscou Ioulia Galiamina, très active dans la campagne pour le «Non» à la réforme constitutionnelle de Vladimir Poutine, a annoncé sur les réseaux sociaux qu’une perquisition avait lieu à son domicile, alors qu’elle ne s’y trouvait pas. 

«Il y a seulement mon fils. Il ne voulait pas ouvrir, mais la police a menacé de casser la porte», a-t-elle écrit sur Facebook, ajoutant plus tard que son avocat n’avait pas été autorisé à rentrer.

Des perquisitions ont également visé un rédacteur en chef du média MBkh et deux responsables de l’organisation d’opposition «Russie Ouverte», de l’oligarque en exil Mikhaïl Khodorkovski.

Selon Konstantin Fomine, porte-parole de «Russie Ouverte», ces interventions policières sont officiellement liées à l’affaire de l’ancien groupe pétrolier Ioukos datant de 2003 qui a valu à M. Khodorkovski dix ans d’incarcération.

La campagne du «Non» a indiqué dans un communiqué que le dossier Ioukos pourrait être un prétexte et que «la vraie raison pourrait bien être la manifestation prévue le 15 juillet (...) pour dénoncer» la réforme constitutionnelle adoptée le 1er juillet permettant à Vladimir Poutine de rester en théorie au pouvoir jusqu’en 2036.

Mercredi, dans le cadre d’une autre affaire, l’activiste anti-Kremlin Piotr Verzilov, emprisonné dix jours fin juin pour «obscénités», avait déjà été interpellé. Des perquisitions ont eu lieu chez lui, au domicile de sa mère et d’une amie de celle-ci, l’activiste indiquant sur Twitter en être à huit perquisitions le visant depuis le 21 juin.

Selon les médias russes, une procédure a notamment été ouverte, car il n’a pas notifié les autorités de sa double nationalité, l’activiste ayant aussi un passeport canadien.

Les détracteurs du Kremlin ont dénoncé ces derniers mois la recrudescence des pressions des autorités contre les voix critiques. 

Lundi, une journaliste de Pskov (nord-ouest) a été condamnée à une amende pour «justification du terrorisme» et l’arrestation pour «trahison» mardi d’un ex-journaliste spécialisé dans les questions de défense, Ivan Safronov, a provoqué une levée de boucliers de ses anciens collègues.