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La meurtrière Adèle Sorella libérée sous caution

Procès Adèle Sorella
Photo Martin Alarie Adèle Sorella. Coupable de meurtre

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Une meurtrière qui a tué ses deux enfants pendant que son mari mafieux était en cavale a pu recouvrer sa liberté, en attendant que la Cour d’appel tranche sur son sort pour une deuxième fois.

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« Je suis convaincu que la confiance du public dans le système de justice ne sera pas minée [...], car un membre du public raisonnable comprend que même si la présomption d’innocence est écartée par le verdict, l’appel fait partie intégrante du processus judiciaire », indique le juge Mark Schrager dans sa décision rendue vendredi.

Adèle Sorella, 54 ans, avait écopé de la prison à vie l’année dernière, pour avoir tué ses deux filles Sabrina et Amanda De Vito, âgées de 8 et 9 ans, une décennie plus tôt. Elle devait purger au moins 10 ans avant de pouvoir espérer une libération conditionnelle.

Elle avait été déclarée coupable une première fois en 2013, mais la Cour d’appel avait ordonné un nouveau procès, qui a mené au même résultat.

Responsabilité

Or, la femme du défunt mafieux Giuseppe De Vito conteste ce verdict, qu’elle qualifie de déraisonnable. Selon son avocat, Pierre Poupart, elle aurait dû être déclarée non criminellement responsable de ses actes. Car lors du procès, deux experts avaient témoigné en ce sens, tandis que la Couronne n’avait pas présenté de contre-expertise.

De surcroît, prétend la défense, la juge de première instance avait commis une erreur dans ses directives au jury quant à la façon de déterminer si elle avait eu l’intention de commettre les meurtres. Car il faut dire que la cause des décès n’a jamais pu être élucidée avec certitude. 

La thèse la plus probable, selon les experts, est que Sorella aurait placé les enfants dans une chambre hyperbare, chez elle, ce qui a pu provoquer la mort par asphyxie.

Liberté

Contestant le verdict de culpabilité à son deuxième procès, Sorella a plaidé qu’elle pouvait attendre en liberté. Comme elle n’a pas de passeport, les risques de fuite sont minces, a plaidé avec succès la défense. 

De plus, a insisté Me Poupart, elle a toujours respecté ses conditions de remise en liberté pendant qu’elle attendait son procès. 

Le juge de la Cour d’appel lui a donné raison. Sorella devra toutefois respecter une stricte série de conditions, à commencer par le paiement d’une caution de 25 000 $. La meurtrière, qui fait du bénévolat dans une église, devra aussi respecter un couvre-feu et suivre des thérapies, entre autres.

Et si elle échoue dans son appel, elle aura 48 heures pour se constituer prisonnière.