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Réparer les pots cassés

GEN-COVID-19
Photo Agence QMI, Joël Lemay Christian Dubé.

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Les bars, par nature, sont des lieux faits pour socialiser et « sortir son fou ». Les inhibitions sont solubles dans l’alcool. Plus la soirée avance, plus les « rapprochements » se multiplient.

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Ce qui, face à un virus puissamment contagieux, fait des bars des vecteurs évidents de contagion. Dans plusieurs pays, pas seulement ici, les autorités s’en arrachent les cheveux. Certains États américains ont refermé les bars.

Comme promis, le ministre de la Santé, Christian Dubé, leur serre la vis : registre de clients, « last call » avant minuit, danse interdite, présence policière, etc. Or, la nature des bars restera malgré tout ce qu’elle est.

On comprend l’intention du ministre. Il cherche un équilibre entre la protection de la santé publique et le sauvetage des bars et des emplois. La première finira peut-être par l’obliger de toute manière à les refermer.

Le masque obligé, ça urge

Après de longues hésitations, la rumeur veut que le gouvernement Legault pourrait imposer bientôt le port du masque dans les lieux publics fermés, dont les commerces, pour tout le Québec.

L’annonce surprise de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, allant dans ce même sens pour la métropole, l’aurait obligé à presser le pas. Ce n’est toutefois pas encore fait.

L’imposition uniforme du masque pour le Québec, ça urge. La pire erreur serait pour le gouvernement d’attendre une deuxième vague pour l’imposer au lieu de l’imposer illico pour mieux la prévenir ou l’amoindrir. 

D’autant plus que la COVID-19 est une redoutable touriste. Les déplacements interrégionaux augmentent rapidement. Des éclosions apparaissent. Les vacances de la construction commencent le 19 juillet. Ouf.

S’il faut imposer le masque, c’est parce que l’adhésion d’une majorité de Québécois n’est pas au rendez-vous. Le manque de solidarité est pitoyable, c’est sûr, mais il est là. D’où l’urgence d’agir.

La première cause, mais non la seule, est connue. Le message de dissuasion de porter le masque, tel que répété tout au long des premières semaines de la crise par le patron de la santé publique, Horacio Arruda, a fait du dommage.

Accompagner

Il faut donc réparer les ports cassés. Puisqu’il faut contraindre, on devra accompagner la majorité récalcitrante une fois le port du masque imposé sur l’entièreté du territoire québécois.

Les résultats étant ce qu’ils sont, force est de constater que depuis la fin du confinement, la campagne de communication du gouvernement ne fonctionne plus vraiment.

Les consignes publiées à pleines pages bleues dans les médias passent dans le beurre. Avec l’été, le déconfinement et le déni ambiant, moins de gens portent aussi attention aux points de presse devenus sporadiques. 

Cette campagne, il faut la refaire. Mieux la cibler selon, entre autres, les groupes d’âge et le sexe – les hommes portent moins le masque que les femmes.

Il faut mieux expliquer, concrètement, pourquoi le masque est vital. Mieux l’ancrer visuellement dans le réel du quotidien des gens.

Il faudra multiplier de nouvelles publicités, toutes vitrines médiatiques et physiques confondues. 

Bien sûr, une fois seulement après que le masque soit obligatoire à travers le Québec.