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Syrie: l’aide transfrontalière de l’ONU suspendue à une décision russe

Syrie: l’aide transfrontalière de l’ONU suspendue à une décision russe
Photo AFP

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Nations unies | L’ONU se prononce, vendredi, sur une résolution germano-belge prolongeant à l’identique l’autorisation d’aide humanitaire transfrontalière aux Syriens, expirant en soirée. Trois jours après un veto, la Russie bloquera-t-elle à nouveau cette assistance vitale?

Arrêter l’aide transfrontalière porterait un coup dévastateur pour les millions de familles syriennes qui en dépendent pour l’eau potable, la nourriture, les soins de santé et le logement», craint l’ONG Oxfam.

Mardi, Moscou et Pékin avaient mis leur veto à un projet de l’Allemagne et de la Belgique renouvelant pour un an l’autorisation de l’ONU, en maintenant dans le Nord-Ouest ses deux points d’entrée actuels à la frontière turque: à Bab al-Salam menant à la région d’Alep et à Bab al-Hawa desservant celle d’Idleb.

Le dispositif transfrontalier de l’ONU permet de distribuer de l’aide humanitaire à des déplacés syriens sans l’aval de Damas.

Moscou, qui juge qu’il empiète sur la souveraineté de son allié syrien, avait déjà réussi, en janvier, à imposer à l’ONU de le réduire fortement, de quatre à deux points d’accès et pour six mois contre un an depuis sa création en 2014.

La Russie qui assure vouloir la poursuite de l’aide pour la région insurgée d’Idleb, où vivent près de quatre millions de personnes, a soumis au Conseil de sécurité un contre-projet ne gardant que le point d’accès de Bab al-Hawa pour six mois.

Lors d’un vote mercredi, seules trois voix en plus de la sienne se sont exprimées pour son texte, loin des neuf nécessaires pour le faire adopter sans vote négatif d’un membre permanent du Conseil.

Chargées du volet humanitaire du dossier syrien à l’ONU, l’Allemagne et la Belgique, deux membres non permanents du Conseil, sont revenues à la charge avec un texte mis au vote jeudi et dont le résultat sera connu vendredi en milieu de journée.

Concession

Seule concession à Moscou, les deux pays européens ne proposent plus qu’une prolongation de six mois du dispositif, mais gardent les deux points d’accès actuels au territoire syrien.

Pour l’ambassadrice américaine à l’ONU Kelly Craft, ils sont nécessaires «pour atteindre le maximum de Syriens qui ont besoin d’aide humanitaire». Interrogée lors d’un entretien avec l’AFP pour savoir si c’était une «ligne rouge», elle a répondu: «Oui absolument». 

Selon elle, supprimer le point d’entrée de Bab al-Salam reviendrait à couper 1,3 million de Syriens de toute aide humanitaire au nord d’Alep.

Jeudi, plusieurs diplomates ne se risquaient pas à un pronostic sur le vote de la Russie dans cette «épreuve de force».

«Aucune idée», indique l’un d’eux. Moscou pourrait être «inflexible» comme revenir à sa position initiale (6 mois et deux points d’accès) dans la négociation, avant de la durcir, dit un autre. Un nouveau veto russe n’est «pas exclu, mais il est possible aussi» que le texte «passe de justesse», estime un troisième diplomate s’exprimant comme les autres sous couvert d’anonymat.

Pour l’ONU, maintenir le plus possible de points de passage est crucial, surtout face au risque de la pandémie de la COVID-19 qui gagne la région.

Dans un rapport en juin, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait réclamé le prolongement du dispositif pour un an incluant les deux points d’accès actuels.

«Nous avons besoin que davantage d’aide passe par la frontière, pas qu’il y en ait moins», a insisté jeudi son porte-parole, Stéphane Dujarric, à la question de savoir si l’ONU pouvait se contenter d’un seul point de passage pour entrer en Syrie.