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Vague de dénonciations: l’ADISQ exclut Adamus et Dare To Care de son gala

L’ADISQ a annoncé que la candidature de Bernard Adamus était exclue de l’ensemble des catégories artistiques des galas de cette année.
Photo Annie T. Roussel L’ADISQ a annoncé que la candidature de Bernard Adamus était exclue de l’ensemble des catégories artistiques des galas de cette année.

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Pour la première fois de son histoire, l’ADISQ a retiré un membre de son association. Prise dans la tourmente des dénonciations pour abus et inconduite sexuelle de son musicien Bernard Adamus et de son président Éli Bissonnette, l’étiquette Dare To Care Records ne fait désormais plus partie de l’organisation.

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C’est par voie de communiqué que l’ADISQ a annoncé, vendredi après-midi, avoir pris la décision d’exclure Dare To Care Records de son association « en raison de faits reprochés à son président et unique actionnaire, Éli Bissonnette, notamment par plusieurs employé(e)s et ancien(ne)s employé(e)s ».

Éli Bissonnette a été pris dans une tourmente plus tôt cette semaine après que son musicien Bernard Adamus eut été dénoncé dans des histoires d’inconduite sexuelle. Le président avait entre autres admis être au courant de ces allégations et avoir fermé les yeux sur la situation. 

« C’est la toute première fois que nous excluons un membre de l’association. Ce n’est jamais arrivé, a confirmé au Journal la directrice générale de l’ADISQ, Solange Drouin. Les membres du conseil d’administration ont pris cette décision qui a été très bien soupesée. »

Même s’il est trop tard pour retirer DTC de la liste de candidatures dans les catégories industrielles pour le Gala de l’ADISQ 2020, l’ADISQ précise qu’étant donné que l’entreprise n’est désormais plus membre de l’ADISQ, elle ne pourra pas, dans les faits, récolter de nominations au gala.

Si la compagnie de disque venait à poursuivre ses activités sous le même nom, mais sans Bissonnette, Solange Drouin indique que l’entreprise pourrait éventuellement faire une demande pour être à nouveau membre de l’association. 

« Le nom de l’entreprise, c’est une chose, mais il faudrait aussi regarder en arrière qui la dirige », dit-elle.

Dans son communiqué, l’ADISQ a aussi annoncé avoir exclu la candidature de Bernard Adamus de l’ensemble des catégories artistiques des galas de cet automne. 

Pour ce qui est de Yann Perreau, lui aussi visé par des allégations d’inconduite sexuelle cette semaine, il n’était pas recensé cette année dans le gala.

« Pour chacun des autres cas qui vont peut-être sortir dans les prochains jours, on va agir en conséquence, dit Solange Drouin. Si ce sont des situations similaires, ce sera un traitement similaire. »

« Un mal de société »

Questionnée à savoir s’il y a du sexisme systémique dans le milieu de la musique, la directrice générale de l’ADISQ a répondu que « c’est un mal de société qui est répandu, il faut que ce soit mis au jour partout où il est ».

Il y a deux ans, à la suite du mouvement #MeToo, l’ADISQ avait travaillé avec l’ensemble du milieu culturel pour mettre en place un code de conduite.

« Il y avait eu des sessions d’information et la création d’un guichet unique où toute personne du milieu culturel témoin ou victime de harcèlement sexuel ou psychologique peut avoir un soutien direct, dit Solange Drouin. Ça répondait à un besoin. Mais est-ce que c’est suffisant ? C’est la question qu’il faut se poser. »

Cet automne, l’ADISQ offrira une formation appelée L’éthique et la prévention des inconduites en milieu de travail

« C’était déjà prévu, mentionne la directrice. Depuis 2018, on est dans ce travail collectif du milieu culturel. Cette formation sera donnée par des gens de Juripop. »