/lifestyle/books
Navigation

Chez nos libraires: découvrir sa clientèle

Ghislain Chouinard
Photo courtoisie Ghislain Chouinard, propriétaire et libraire de la Librairie Chouinard de Charny.

Coup d'oeil sur cet article

Durant la fermeture de la librairie Chouinard de Lévis, Ghislain Chouinard a fait de la livraison à domicile. Un service qui lui a permis d’aller à la rencontre de sa clientèle, de mieux la connaître et de découvrir des secteurs de la ville qui lui étaient inconnus.

Une semaine après la fermeture physique de sa librairie située sur le boulevard Guillaume-Couture, il partait, chaque matin, avec dix, quinze commandes dans sa voiture. 

«Ça m’a permis d’aller à la rencontre de mes clients et de mieux les connaître. Je suis sorti du commerce et j’ai vu à quel endroit ils vivent et dans quelle réalité. J’ai beaucoup appris et j’ai même découvert des coins de la ville que je ne connaissais pas. Ce fut une très belle expérience», a-t-il raconté, lors d’un entretien téléphonique.

La fermeture soudaine de commerces a amené la librairie qui a vu le jour en 1986 à se réinventer rapidement.

Un service à l’auto a été mis en place. Ghislain Chouinard a dû y mettre fin après une semaine. C’était interdit.

«Ça fait 34 ans que j’opère la librairie et j’ai toujours su où je m’en allais. Là, il y avait, du jour au lendemain, des points d’interrogation. Il fallait être prêt», a-t-il fait savoir, ajoutant qu’il s’attend à une deuxième vague qui pourrait faire mal.

Une semaine après la fermeture physique, le téléphone s’est mis à sonner sans arrêt. Les commandes entraient par le site les libraires.ca, par courriel et par Facebook. Entre 25 et 30 commandes par jour. Les ventes en ligne ont connu une augmentation de 1000 et 1200 %. 

«Ça nous a pris de court. On a même manqué de fourniture, lors de la première semaine, pour faire les emballages», a précisé Ghislain Chouinard.

Bonheur contagieux

Ghislain Chouinard avait mis à pied temporairement ses trois employés. Cette forte demande l’a amené à réintégrer tout son personnel. Il vient même de procéder à l’embauche d’une cinquième personne.

Les employés, explique le libraire-propriétaire, exercent toutes les tâches dans ce commerce situé à la tête des ponts. Il n’y a pas de spécialisation.

«Tout le monde travaille sur le plancher et ça donne des libraires qui sont heureux. Les gens aiment leur travail et ça paraît dans le commerce. Le bonheur est contagieux et les clients reviennent pour cette raison», a-t-il fait remarquer. 

Le personnel de la librairie a continué de conseiller les clients qui téléphonaient à la librairie lors de sa fermeture physique. 

«C’est très bien le web, mais ce n’est pas comme lorsque quelqu’un répond aux questions du client et qu’il lui propose des choses. Et ça, c’est la mission fondamentale d’un libraire. C’est la base», a-t-il expliqué.

Ghislain Chouinard sent un regain d’intérêt pour la lecture. Il constate une augmentation importante depuis la réouverture de sa librairie.

«On sent que les gens nous encouragent là-dedans. Les gens nous découvrent et ils nous le disent», a-t-il mentionné. 

Le libraire-propriétaire n’a pas beaucoup eu le temps de lire au cours des derniers mois. Il a eu un énorme coup de coeur, avant la pandémie, pour l’essai La guerre des métaux rares de Guillaume Pitron.

«Je suis plus un amateur de littérature romanesque, mais ce livre m’a jeté par terre. On y révèle tous les dessous de la géopolitique entourant l’extraction, la transformation et l’exploitation de ces métaux essentiels à la transition énergétique et numérique. J’ai découvert une enquête journalistique incroyable. Hallucinant», a-t-il dit.

Les suggestions de Ghislain et de son équipe  

Le Pays des autres

Leïla Slimani

2020


San Perdido

David Zukerman

2020


Ghislain Chouinard
Photo courtoisie

Ce que tu as fait de moi

Karine Giebel

2020


PAF !

Jérôme Camil

2020