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Des hommes et des bêtes

<strong><em>La vraie nature de la bête humaine. Carnets d’un biologiste</em><br>Cyrille Barrette</strong><br>Éditions MultiMondes
Photo courtoisie La vraie nature de la bête humaine. Carnets d’un biologiste
Cyrille Barrette

Éditions MultiMondes

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Alors que le débat s’intensifie autour des questions de genres et de races, le livre du biologiste Cyrille Barrette, éthologiste « expert » du comportement du muntjac, du caribou et autres mammifères semblables, nous ramène les deux pieds sur terre, sur le plancher des vaches, au sein de la grande famille des mammifères et autres espèces animales.

Il va tenter, dit-il, de cerner la bête que nous sommes. Car nous sommes bien des bêtes, un peu bizarres, soit ! mais des bêtes « à part entière ». Nous sommes sans aucun doute le maillon le plus intéressant de la chaîne, étant les seuls à nous poser quatre grandes questions : Pourquoi existons-nous ? Où allons-nous ? Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ?

À la première question, il répond : « Dans la nature rien n’existe... “pour”, tout existe... “parce que”. [...] Chaque espèce existe pour elle-même et non pas pour remplir un rôle ou contribuer à un projet. » Tout est question de contingence ou de hasard. Rien n’était prévu à l’avance. « J’existe, mais de justesse », précise l’auteur. J’étais possible, mais pas inévitable ni programmé, ni nécessaire.

Quant à la dernière question, tout s’explique par l’évolution. Et Barrette de citer le biologiste ukrainien Theodosius Dobzhansky : « En biologie, rien n’est intelligible, sauf à la lumière de l’évolution. » L’évolution par sélection naturelle. Même l’Église, depuis Jean-Paul II, l’admet, sauf en ce qui concerne « la création de notre âme ». Le pape François n’y voit pas de contradiction puisque, selon lui, il a fallu, en premier lieu, l’intervention d’un créateur surnaturel. Or, nos origines n’ont rien à voir avec l’idée de création. « L’origine est une transformation continue, insaisissable et sans rupture, comme le passage de l’enfance à l’adolescence ou celui de l’eau douce à l’eau salée dans un fleuve. » C’est une origine sans « premier » propre au concept de création. Ne survivent que les plus forts. « Il faut lutter pour rester en vie », constate le biologiste. Cela vaut pour tout ce qui est vivant sur terre. Lutter en s’adaptant au milieu, aux conditions climatiques et autres. 

Les notions de « sauvages », terme utilisé à l’époque par Charles Darwin pour qualifier ceux vivant près de la nature, et de civilisés sont intéressantes. Ainsi Darwin affirme : « Chez les sauvages, les faibles de corps et d’esprit sont rapidement éliminés, alors que les survivants manifestent une santé vigoureuse. Par ailleurs, nous, hommes civilisés, nous efforçons de contrecarrer ce processus d’élimination. [...] Chez les nations civilisées [...], la sélection naturelle semble n’exercer que peu d’effet. »

Soumis à nos gènes

La notion d’altruisme est particulièrement intéressante dans le débat actuel sur les genres. Comment expliquer que la mère soit plus altruiste que le père en défendant, parfois au prix de sa vie ou de sa santé, sa progéniture ? « La mère ne se sacrifie pour ses petits ni par instinct maternel ni pour assurer la survie de son espèce, affirme le biologiste, elle le fait parce qu’elle est soumise à ses gènes reçus de ses parents et grâce auxquels elle existe, et parce que ses petits sont les seuls véhicules capables de traverser le mur de la génération dont elle est prisonnière. »

Il rappelle que notre cerveau, qui est passé, il y a environ trois millions d’années, de 400 centimètres cubes à environ 1400 il y a 200 000 ans avec l’Homo sapiens, a pu inventer, grâce à ses capacités acquises accidentellement, ce qu’on appelle aujourd’hui l’humanité : la technologie simple, l’agriculture et l’élevage d’animaux domestiques, l’écriture, la machinerie industrielle et la médecine moderne. Tout cela grâce à la mère de toutes ces inventions : le langage, « le passage de notre nature animale, héritée de notre évolution biologique, à la nature pleinement humaine que nous avons créée grâce à notre cerveau ». 

Très d’actualité, également, ses observations concernant les deux sexes. « L’homme n’est pas monogame par choix, mais par obligation, affirme Barrette. Sa “préférence” reste la polygynie. [...] La négation des différences afin de promouvoir l’égalité est une fausse piste. » N’en déplaise aux théoriciens de la « genritude », nous sommes bien des êtres sexués. D’autres réflexions concernent la morphologie humaine, comme les seins, l’absence de baculum ou os pénien, les menstruations, la contraception, etc.

Bref, la bête humaine doit encore évoluer vers une plus grande intelligence si elle veut sauvegarder son univers. 

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