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Un ménage s’impose

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Photo AFP Justin Trudeau ne peut plus faire l’économie d’une évaluation rigoureuse et objective des membres de son entourage qui le laissent sans cesse se tirer une balle dans le pied.

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On voudrait croire que le gouvernement Trudeau a été en mesure d’éviter les erreurs de débutants avec l’expérience acquise au fil des ans. 

Mais ce serait oublier que les gouvernements vieillissent rarement bien. 

C’est particulièrement le cas des libéraux, qui ont tendance à penser que le pouvoir leur revient d’office. 

Un professeur de l’Université du Manitoba rappelait hier avec beaucoup d’à-propos dans les pages du Winnipeg Free Press que les libéraux, historiquement, en viennent à confondre les intérêts du parti avec ceux du pays, en cours de mandat.

« Il en résulte de la corruption et du favoritisme qui finissent par entraîner la chute du parti », ajoutait Royce Koop.

L’affaire WE n’est évidemment pas aussi grave que le scandale des commandites. Mais ils sont, tous les deux, d’inutiles blessures auto-infligées.

La désinvolture avec laquelle le bureau du premier ministre traite l’affaire WE en dit long sur la façon dont ce gouvernement semble penser que les règles ne s’appliquent plus lorsqu’on a le cœur sur la main. 

Le commissaire à l’éthique, Mario Dion, risque bien de lui rappeler qu’il a tort.

Dépensier

L’affaire WE révèle une autre tendance de ce gouvernement, soit celle de dépenser à tout vent.  

Avait-on réellement besoin d’un programme fédéral d’urgence de 900 millions $ pour encourager les jeunes à faire du bénévolat dans leur communauté ? 

Je veux bien croire que la pandémie nous a fait perdre le sens des proportions en matière de finances publiques, mais près de 1 milliard $, ce n’est pas des peccadilles.

Il serait étonnant que les partis d’opposition provoquent la chute du gouvernement libéral minoritaire dans la foulée de cette affaire. 

Ils seront heureux de se contenter dans les prochains mois d’attaquer le jugement du premier ministre et de son entourage. 

C’est là, justement, où le bât blesse pour les libéraux de Justin Trudeau.

Jugement déficient

Le scandale WE est un des éléments d’une longue liste d’erreurs de jugement flagrantes. Certains libéraux s’en désolent, mais ne s’en surprennent plus. 

Rappelons seulement la campagne ratée pour un siège au Conseil de sécurité et l’affaire SNC-Lavalin.

Les prochaines élections risquent fort de porter sur la crédibilité de chacun pour organiser la sortie de crise économique sans précédent que nous traversons. 

Justin Trudeau ne peut plus faire l’économie d’une évaluation rigoureuse et objective des membres de son entourage qui le laissent sans cesse se tirer une balle dans le pied.

À défaut de quoi ses adversaires auront raison de dire que le premier ministre est incapable d’apprendre de ses erreurs.