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Son champ de laitue en ruine en raison du manque de travailleurs

Un agriculteur craint de devoir raser ses autres plantations si les travailleurs étrangers n’arrivent pas

Travailleurs étrangers - COVID-19
Photo Francis Halin Clermont Riendeau, président du Potager Riendeau, à Saint-Rémi, en Montérégie, a été forcé de détruire une partie de sa production de laitue qui ne peut être récoltée parce que les travailleurs étrangers qu’il a embauchés tardent à arriver en raison de la pandémie de COVID-19. Il craint de grosses pertes financières pour la présente année.

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Un des plus gros producteurs de laitue du Québec a été forcé de détruire son champ de laitue à coup de tracteur parce que ses dizaines de travailleurs étrangers ne sont pas là pour faire la récolte.

«On est obligés d’enfouir un champ complet de laitue parce qu’il nous manque une bonne vingtaine de travailleurs mexicains et qu’une dizaine sont en quarantaine. On doit tout détruire avec nos tracteurs», soupire Clermont Riendeau, président du Potager Riendeau, à Saint-Rémi, en Montérégie.

Au Québec, à peine 65 % des travailleurs étrangers attendus sont arrivés, selon la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère, aussi appelée FERME Québec.

«Plus de 75 % des Guatémaltèques (4800) sont arrivés au Québec, mais du côté des Mexicains, ce chiffre fond à 57 % (3533)», a indiqué son directeur général Fernando Borja.

  • Écoutez l'entrevue avec Sylvain Charlebois, directeur principal au Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à QUB Radio:

«Il y a des retards que nous essayons constamment de résoudre. Nous en sommes conscients», a reconnu au Journal l’ambassadeur Alejandro Estivill Castro, consul général du Mexique à Montréal.

Selon le diplomate, ces délais s’expliquent parce que le consulat du Canada à Mexico et les autorités mexicaines sont durement touchés par la pandémie de COVID-19.

Récoltes sacrifiées

Résultat, des fermiers comme Clermont Riendeau de Saint-Rémi doivent sacrifier certains de leurs champs faute de main-d’œuvre.

«Si on avait notre monde, on pourrait faire notre désherbage, mais on n’a pas assez de bras, alors on doit faire une croix sur plus d’un demi-million de dollars de la récolte», lance celui qui a demandé à ses 40 travailleurs guatémaltèques arrivés ici de s’occuper de ses autres champs de laitue et de ses oignons.

Pour ne rien arranger, le prix de la laitue est en baisse, ajoute le cultivateur. La caisse a perdu près de six dollars depuis le début de la crise, observe-t-il.

Pire encore, explique Clermont Riendeau, non seulement il lui manque une bonne vingtaine de travailleurs mexicains, mais il doit payer une partie de la facture salée de plus de 60 000 $ de ceux qui sont en quarantaine dans des chambres d’hôtel qu’il a louées à Montréal.

Cette année, sa trentaine de travailleurs qui vont avoir été en quarantaine vont lui avoir coûté un bon 37 800 $ en frais d’hôtel et 25 580 $ en salaire, dont une partie est épongée par le gouvernement du Québec.

Chez Agro Québec, on s’inquiète pour les agriculteurs comme Clermont.

«C’est extrêmement préoccupant. Sans parler de la canicule. Arroser, c’est complexe, ce n’est pas simple. Les gens pensent qu’il suffit d’ouvrir les robinets. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Il faut des travailleurs», souligne son président, André Michaud.

Manque de main-d’œuvre

«C’est clair qu’il y a un manque de main-d’œuvre parce que tous les travailleurs temporaires du Mexique et du Guatemala n’ont pas pu se rendre au Québec», reconnaît le directeur général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Charles-Félix Ross. 

Du même souffle, le haut dirigeant syndical invite les cultivateurs à faire appel aux travailleurs d’ici pour qu’ils viennent leur donner un coup de pouce.

«Il y a 2000 Québécois admissibles à notre programme. On a une banque de milliers de candidatures, alors on invite les producteurs à faire appel à cette main-d’œuvre», a-t-il insisté.

Manque de disponibilité

Quand on demande à Clermont Riendeau pourquoi des agriculteurs comme lui ne semblent pas faire appel à la main-d’œuvre québécoise, il rétorque qu’il n’attend que ça.

«S’il y en avait de disponibles, je les prendrais demain matin, mais il n’y en a pas. J’en ai quelques-uns à trois jours semaines, mais il n’y en a pas», laisse tomber le cultivateur, qui n’a pas eu de cas de COVID-19 sur sa ferme.

De son côté, la PDG du Groupe Agéco, Isabelle Charron, estime que la nature du travail peut expliquer pourquoi certains hésitent à effectuer celui-ci.

«Ce sont des tâches physiques, avec la chaleur, c’est quand même exigeant. C’est de longues heures. Il y a un certain nombre de Québécois qui ont réalisé, après quelques heures au champ, que ce n’était pas fait pour eux», dit-elle.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.