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Une méthode hasardeuse

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Je comprends parfaitement pourquoi tant de femmes ont à ce point perdu confiance en la justice et ce qui en pousse certaines à se tourner vers les réseaux sociaux pour se faire entendre. Cependant, face à cette nouvelle vague de dénonciations, je dis attention.

Qui sème le vent

Ces sinistres récits de gestes déplacés, de commentaires orduriers et de comportements insistants m’attristent, mais ne me surprennent pas. À quoi d’autre pouvait-on s’attendre après avoir laissé si longtemps à la pornographie le soin d’éduquer notre sexualité, pendant qu’on tergiversait encore et encore sur la pertinence de se doter d’une véritable éducation sexuelle à l’école ? Qu’est-ce qu’on s’imaginait créer en élevant l’intimidation, l’insulte et l’humiliation au rang de divertissement prisé, au nom du clic et d’une compréhension singulièrement obtuse du concept de liberté d’expression, sinon une société aujourd’hui dangereusement tentée par un puritanisme dit progressiste, qui se juge parfaitement dans son droit de faire rouler des têtes sur la place publique ?

Vrai problème, méthode hasardeuse

Si la justice expéditive et spectaculaire des tribunaux populaires donne l’heureuse impression de faire enfin avancer les choses, ce qui n’est pas complètement faux, dans une certaine mesure, elle instaure, en contrepartie, un climat d’anarchie, qui ouvre inévitablement la porte aux règlements de compte, aux vendettas et à ce qui nous a – jadis et à toute époque — conduits aux chapitres les plus détestables de notre histoire. Ne crachons pas sur la démocratie ni sur le droit fondamental qu’est la présomption d’innocence ou au visage de celles et ceux qui travaillent d’arrache-pied, et depuis longtemps, pour changer durablement ce système, qui a trop longtemps fermé les yeux sur la détresse réelle des victimes. Pour l’heure, n’ayons pas la bêtise de penser que la terreur pourra éduquer qui que ce soit, car, au mieux, elle ne dompte qu’un temps, en prétendant faire avancer ce qu’elle fait plutôt reculer à vitesse grand V.