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Judo Québec veut des réponses

À son tour, la fédération souhaite un dialogue avec la santé publique et le gouvernement

SPO-Compétition de judo au Grand Prix de Montréal á l'arena Maurice-Richard
Photo d’archives Le Québécois Antoine Valois-Fortier (à droite) affrontant Seungsu Lee lors du Grand Prix de Montréal à l’aréna Maurice-Richard le 6 juillet 2019, huit mois avant que le coronavirus ne bouleverse les sports de combat, qui demeurent en confinement.

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À l’instar de la boxe professionnelle, les fédérations québécoises de sports de combat sont en quête de réponses de la part de la santé publique et du gouvernement Legault. Une reprise complète de leurs activités, qui dépendrait de l’arrivée d’un vaccin pour la COVID-19, aurait des conséquences néfastes à court, moyen et long terme.

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Chez Judo Québec, c’est 11 000 athlètes qui sont limités à des entraînements individuels depuis le 17 juin.

Et ils ne savent pas quand ils pourront refaire des entraînements complets comme c’était le cas avant le 12 mars.

Une situation que déplore le président de Judo Québec. 

« C’est difficile de concevoir qu’il faudra attendre un vaccin. Est-ce qu’on sait quand il va arriver sur le marché ? Si oui, sera-t-il efficace ? s’interroge Patrick Kearney. 

« Si ça prend trois ou quatre ans, ça ferait mourir les sports de combat. »

« Je crois qu’il faut être prêt à gérer une part de risques. Les sports de combat en font partie. C’est impossible qu’il n’y ait aucun risque. On l’a vu avec la réouverture des bars. »

Un mur

Comme toutes les fédérations sportives au Québec, Judo Québec a présenté un plan de déconfinement dans les derniers mois. Par contre, il ne semble pas avoir touché la cible souhaitée par la santé publique. 

Au cours des dernières semaines, voyant qu’ils n’avaient pas de réponses de la part des autorités concernées, les fédérations des sports de combat ont décidé d’unir leurs forces.

Ils ont soumis de nouvelles propositions à la santé publique et au ministère du Sport qui est sous la gouverne d’Isabelle Charest. Cette initiative est demeurée lettre morte.

« On a présenté un plan de mesures sanitaires qui est identique à celui de la France où le judo est le sport national et où les sports de combat viennent d’être déconfinés, a précisé Kearney. Avec les autres fédérations, on a retravaillé sur notre deuxième phase et notre proposition était plus restrictive que notre première mouture.

« On suggérait notamment des entraînements en petits groupes. »

Malgré cette approche, les fédérations de sports de combat ont frappé à nouveau un mur.

« On n’a toujours pas eu de nouvelles de leur part, a ajouté le président de Judo Québec. Tout ce qu’on veut, c’est de pouvoir nous asseoir avec eux afin de trouver des solutions. Nous sommes ouverts aux discussions. »

Selon nos informations, le nouveau plan proposé par le regroupement n’a même pas eu droit à une seule lecture depuis son dépôt. De quoi à décourager tous les adeptes des sports de combat qui attendent le feu vert depuis le 12 mars.

Des inquiétudes

Kearney se croise les doigts pour un dénouement rapide, mais il est réaliste. Il voit même d’autres nuages sombres se pointer à l’horizon.

« Si la situation perdure, je me demande ce qui va arriver avec nos 94 athlètes en sport-études lors du retour de l’école en septembre, a-t-il mentionné. Les parents me posent des questions pour lesquelles je n’ai aucune réponse pour le moment. »

Et on ne parle pas de Judo Canada qui a envoyé son équipe nationale en Alberta pour la saison estivale. Le centre national de cette fédération est basé à Montréal, dans les locaux de l’Institut national du sport, au Stade olympique.

« Comme nous, leur situation n’est pas idéale surtout que la majorité de l’équipe nationale est composée de Québécois, a expliqué Kearney. Avec nos 11 000 membres, on représente une grosse portion du bassin de judokas au Canada. 

« Si on connaissait une baisse importante du nombre de nos membres, ça pourrait faire très mal à cette fédération. »