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La réputation de Salvail attaquée

La Couronne veut faire entendre trois nouveaux témoignages contre l’animateur vedette déchu

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La réputation d’Éric Salvail a été durement attaquée par la Couronne à son retour en cour, lundi, à la lumière de nouveaux témoignages troublants en plein cœur de la vague de dénonciations qui frappe le showbiz québécois.

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« [Éric Salvail], par son propre témoignage et sans y être incité, a mis en jeu sa bonne réputation en tentant de démontrer qu’il n’est pas le “genre de personne” qui agresse les gens dans la vie », lit-on dans la requête déposée par la procureure, Me Amélie Rivard, au palais de justice de Montréal. 

Amélie Rivard.
Procureure de
la Couronne
Photo Agence QMI, Mario Beauregard
Amélie Rivard. Procureure de la Couronne

Cette dernière souhaite que le tribunal entende le récit de trois nouveaux témoins qui auraient été la cible d’inconduites commises par l’animateur déchu. Ceux-ci découlent « d’une vague de dénonciations spontanées et non sollicitées ayant suivi la médiatisation des propos » tenus par Salvail lors de son procès en février.   

  • Écoutez l'entrevue avec Antoine Lacroix, journaliste au Journal de Montréal, à QUB Radio:   

Selon la poursuite, la « bonne réputation » de ce dernier est un « point central » dans sa défense, alors qu’Éric Salvail est accusé d’agression sexuelle, de harcèlement et de séquestration. Les faits seraient survenus en 1993, alors que l’ex-vedette et le plaignant, Donald Duguay, travaillaient tous deux à Radio-Canada. 

Un homme insistant

Or, des gens qui l’ont côtoyé dans un contexte professionnel dans les années 1990 et 2000 ont rapporté aux policiers avoir subi des gestes déplacés de nature sexuelle de la part d’Éric Salvail, soit des commentaires inappropriés récurrents ou des attouchements. 

Ceux dont on ne peut révéler l’identité sur ordre du tribunal l’ont décrit comme une personne « insistante », a souligné Me Rivard. 

L’un d’eux a affirmé que des événements se sont produits sur une longue période. L’accusé aurait notamment tenté de lui insérer sa langue dans l’oreille. Salvail lui aurait aussi tâté les fesses et l’aurait suivi dans l’ascenseur.

Un autre a dit s’être fait empoigner par derrière et que Salvail se serait frotté contre lui. 

Le dernier a indiqué que l’ex-animateur aurait glissé sa main sur sa craque de fesses jusqu’à se rendre à ses testicules. Lorsqu’il a réussi à se déprendre de cette étreinte, Salvail l’aurait suivi et aurait baissé son propre pantalon, « exhibant son pénis en l’invitant dans le bureau des recherchistes », peut-on lire.

Les trois hommes n’ont pas voulu porter plainte contre Éric Salvail, mais ils seraient prêts à livrer leur récit au tribunal dans le cadre du présent procès. 

L’avocat de l’ancien animateur, Michel Massicotte, s’est opposé à ce que ces témoignages soient pris en compte par le juge.

« Monsieur est traité injustement, a-t-il lancé. Ça va devenir un procès sur la moralité de M. Salvail [...] et ça va occulter le témoignage de M. Duguay. »

Selon lui, les gestes qui ont été décrits dans les trois témoignages ne sont pas du tout similaires à ce que la victime aurait relaté au procès et devraient ainsi être écartés. Il a aussi mis en doute la crédibilité des nouveaux témoins. 

Salvail a toujours nié avoir commis les gestes que lui reproche Donald Duguay, les qualifiant de « farfelus ».

« Je n’aurais pas touché à cette personne, avait témoigné Salvail. Je ne l’ai pas harcelé. Non seulement je n’étais pas là, mais surtout, je n’aurais pas agressé Donald Duguay. Je m’en serais souvenu. »   

  • Le juge Alexandre Dalmau tranchera la question le 4 septembre.