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Visages à deux faces

Tragicomedy masks on red velvet fabric
Photo Adobe Stock

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Ça me fascine chaque fois.

Des artistes qui, en public, se présentent comme des modèles de compassion et de générosité, mais qui, en privé, se conduisent comme les derniers des cons. 

LES FAUX GENTILS

Ça fait des années que j’œuvre dans les marges du merveilleux monde du showbiz et je peux vous dire que des doubles-faces comme ça, il y en a plus que vous ne le pensez.

Quand la caméra roule et que le micro est ouvert, c’est tout sourire, tout mielleux, tout gentil. « Ah oui, la pauvreté, ah oui, les inégalités sociales, ah oui, l’injustice, quelle horreur, quel scandale... »

Mais dès que l’enregistrement est terminé, leur sourire disparaît et ils se conduisent comme si la Terre entière était à leur service. 

Vous voulez avoir un fun noir, un soir ?

Parlez à des maquilleuses et à des coiffeurs qui travaillent dans les studios de télé, au troisième sous-sol.

Chaque fois que je me fais poudrer, j’essaie de leur tirer les vers du nez.

« Et alors ? Qui vous a fait suer, cette semaine ? Qui est un faux gentil ? »

« Ah oui, elle ? Mon Dieu, j’aurais jamais cru ça ! Elle a l’air tellement fine ! »

Un éditeur devrait publier les témoignages de coiffeurs et de maquilleuses à la retraite. 

Ça serait assez gratiné, merci. 

Mais le public serait-il prêt à voir l’autre côté de la médaille ?

Jean-Claude Lord l’a montré, avec son extraordinaire film Parlez-nous d’amour, en 1976, et ça a failli lui coûter sa carrière. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

MONSIEUR JUSTICE SOCIALE

Cette semaine, un auteur-compositeur-interprète a été largué par sa compagnie de disques sous prétexte qu’il se comportait de façon odieuse avec les femmes. 

Pire : que c’était un agresseur.

Vrai ? Je ne le sais pas, mais disons que les témoignages à cet effet se multiplient.

C’était l’image même de l’artiste « engagé ». Prêt à défendre toutes les causes.

Monsieur Justice sociale, monsieur Égalité, monsieur Diversité.

Et, dans la vie de tous les jours, monsieur Trou du cul.

Toujours prêt à améliorer le monde, mais (si l’on en croit ceux et celles qui ont travaillé avec lui) pas foutu de respecter les gens autour de lui. 

Les babines allaient d’un bord, et les bottines de l’autre.

Moi, des gens comme ça, j’appelle ça des presbytes.

Voient bien de loin, mais pas de proche.

Quand ils parlent de la société, tout est clair, ils ont une vision 10/10. Mais quand ils regardent près d’eux, c’est le brouillard, tout est flou.

Ils ne voient pas le mal qu’ils font.

Une morale pour eux et une pour les autres.

NETTOIE TA COUR

Tu veux que le monde s’améliore ?

Commence par faire le ménage dans ta propre cour. Traite les gens que tu côtoies avec respect.

Oui, je sais, on dirait un message de biscuit chinois, mais c’est vrai. 

La révolution dont tu rêves et dont tu ne cesses de parler commence à un mètre de toi. Ne fais pas comme ces artistes qui se disent écolos, mais qui gagnent leur vie en faisant des pubs de chars ou en montant des shows en plein désert.