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La chute du prix du porc fait peur aux producteurs

Cette baisse pourrait avoir un impact positif sur les BBQ des Québécois

David Duval
Photo courtoisie Le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, devant sa ferme à Wickham, craint que la baisse du prix du porc en raison de la crise sanitaire engendrée par la pandémie de COVID-19 occasionne des faillites chez plusieurs producteurs.

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Les contrecoups de la pandémie sur le marché du porc pourraient vraisemblablement se traduire par une baisse de prix des côtes levées, filets et autres côtelettes à BBQ cet été, croient des experts.

« Si vous voulez sauver un secteur important au Québec, il faut manger du porc cet été », lance d’emblée Sylvain Charlebois, directeur principal au Laboratoire en sciences analytiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie. 

« Si j’avais à gager un 100 $, le prix du porc devrait diminuer au détail », fait valoir à son tour le professeur au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation à l’Université Laval Maurice Doyon.  

 Les retards accumulés dans les abattoirs et la fermeture des restaurants ont causé un surplus de bêtes chez les producteurs, selon le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval.

« Les porcs n’arrivaient pas à être écoulés, dit-il. Le prix a donc chuté drastiquement. »

Pertes de 150 M$

M. Duval rappelle que les pertes liées à la COVID-19 pour les éleveurs porcins du Québec sont estimées à 150 millions $. 

« Ça fait au moins 10 ans qu’on n’aura pas eu une année aussi mauvaise », affirme quant à lui Serge Ménard, copropriétaire de la ferme Meloporc, à Saint-Thomas de Joliette. « En 45 ans dans le domaine, j’ai rarement vu ça, poursuit-il. Et les prévisions pour l’automne sont encore pires. »

 « Pour écouler les réserves de porc, il faut stimuler la demande, ajoute le professeur Charlebois. Les détaillants pourraient vendre le produit au rabais. »

La saison du barbecue aurait donc dû être le moment pour les producteurs de faire du profit. Mais pas cette année.

Le coût de production d’un cochon est d’environ 200 $. Le prix de vente est variable, mais « l’été, comme la demande est plus forte, on peut le vendre autour de 220 $ », précise M. Ménard.

Dans la semaine du 29 juin, le prix moyen du cochon a clôturé à 146,79 $, et à la mi-avril, il est même descendu à 126,06 $, rapportent les Éleveurs de porcs du Québec. 

Faillites en vue

« Si on s’en va vers un automne avec des baisses de prix comme celles-là et que les gouvernements ne viennent pas en aide aux producteurs, c’est certain que plusieurs ne passeront pas au travers », croit de son côté Louis-Philippe Roy, propriétaire de la ferme Les cochons du Roy à Saint-Michel-de-Bellechasse, et président des Éleveurs de porcs des Deux Rives.

« Si ça continue comme ça, il y a plusieurs producteurs de porcs qui vont faire faillite dans les prochains mois »,