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Inde : ruée sur les marchés à Patna avant le confinement

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Photo d'Archives, AFP

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Des milliers de personnes ont fait fi de la distanciation sociale lorsqu’elles se sont ruées mercredi sur les marchés de Patna, la capitale de l’État indien du Bihar, dont les 125 millions d’habitants basculeront à nouveau à minuit dans le confinement pour faire face au coronavirus.  

En vertu de cette mesure applicable pendant 15 jours, seuls les magasins vendant des produits de première nécessité pourront rester ouverts et seules les activités agricoles et dans le BTP pourront se poursuivre, alors que les transports publics seront à l’arrêt et que les écoles ou les établissements religieux devront garder leurs portes closes.

Mais les véhicules privés seront autorisés à continuer à circuler dans cette région du nord-est de 125 millions d’habitants figurant parmi les plus pauvres de l’Inde.

Et ce contrairement à ce qui se passe dans la mégapole méridionale de Bangalore, un pôle technologique majeur, et ses environs, devenus un des foyers de la pandémie et où les rues étaient désertes mercredi après l’entrée en vigueur pour sept jours la veille au soir du confinement.

Dans ce vaste pays de 1,3 milliard d’âmes, la hausse rapide du nombre des cas de COVID-19, qui approche désormais le million, avec plus de 500 morts par jour, pousse nombre de villes et de territoires à remettre en place des dispositifs très contraignants, alors que, après avoir imposé un confinement brutal à l’échelle nationale fin mars, New Delhi l’a levé début juin.

« La miséricorde de Dieu ! »

Sur un marché de Patna, Radhika Singh, une femme d’une quarantaine d’années, était une des rares personnes vendant ses produits -notamment du riz et des lentilles- à porter un masque de protection.

« Je n’ai jamais dans ma vie été confrontée à une telle situation par le passé, c’est une expérience vraiment horrible », a-t-elle dit à l’AFP.

Avec le manque d’équipements pour se protéger et le mépris affiché pour les règles de distanciation sociale, certains n’hésitent pas à exprimer leur colère face au rétablissement du confinement.

« Les gens ne se soucient pas d’eux-mêmes », explique quant à lui à l’AFP Syed Amin Iqbal, un employé de banque à la retraite.

« Ils sont laissés à la miséricorde de Dieu », ajoute-t-il, affirmant que le gouvernement indien n’est pas parvenu à contrôler l’épidémie et ne se préoccupe pas beaucoup des plus démunis, qui ont été le plus touchés par celle-ci.

Mercredi, la priorité immédiate de la population à Patna était de faire des réserves.

Neelam Devi, qui fait partie d’une communauté pauvre, a ainsi réussi à se procurer un sac de 59 kilogrammes de riz et 15 kilos de farine sur un marché.

« Pendant le précédent confinement, on a manqué de riz et de farine parce ce que l’on n’est pas parvenu à en acheter avant sa mise en place. Cette fois, nous avons décidé de ne pas répéter cette erreur ».