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Ottawa boude des projets de parcs d’ici

Initiatives de conservation privées de fonds fédéraux

caribou
Photo d’archives Le Canada s’est engagé à protéger 25 % de ses terres et océans d’ici 2025. Les caribous sont parmi les espèces menacées qui doivent bénéficier de ces aires protégées.

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Le Québec n’a touché que 10 M$ des 175 millions de dollars promis par Ottawa pour la création d’aires protégées, dénoncent les organisations écologistes qui reprochent au fédéral d’être injuste envers les Québécois.

« Il y a assez de projets d’aires protégées au Québec pour aller chercher notre juste part de l’enveloppe fédérale, mais le gouvernement dans ce programme a délaissé le Québec », dénonce Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP) au Québec.

Fin 2018, Environnement Canada lançait le programme Défi : Fonds pour la nature Canada, pourvu d’une enveloppe de 175 millions de dollars.

Un comité de sélection s’est aussitôt mis en place au Québec pour répondre à l’appel d’Ottawa. 

35 M$ nécessaires

Les projets sélectionnés avec l’aval des autorités provinciales et régionales appelaient un investissement de 35 millions de dollars, explique M. Branchaud.

Mais moins d’un tiers de la somme demandée a finalement été accordé, déplore-t-il.

« On n’a vraiment pas eu notre part, et le pire, c’est qu’on n’a même pas le droit de savoir pourquoi », déplore Henri Jacob, de l’Action Boréale, pointant l’opacité d’Ottawa--- dans ce dossier.

Au moment d’écrire ces lignes, Environnement Canada n’avait pas répondu aux demandes d’information du Journal.

Protéger les Caribous

Le projet de protection de la harde de caribous de Val-d’Or proposé par Action Boréale a ainsi été rejeté, bien qu’il eût coûté moins d’un million de dollars à Ottawa.

« On nous a dit au fédéral que notre projet était très bon, mais qu’il manquait d’argent », indique M. Jacob. Peu après le refus d’Ottawa, Québec a enfermé les sept caribous restants de Val-d’Or dans un enclos gros comme deux terrains de soccer.

Dans son rapport annuel sur la protection de la nature publié aujourd’hui après des semaines de pandémie, la SNAP appelle Ottawa et les provinces à « placer la nature au cœur des politiques post-COVID ». 

L’organisme souligne que « la dégradation de la nature est directement liée aux risques de pandémie » puisque 75 % des maladies « nouvelles ou émergentes » qui infectent les humains leur sont transmises par des espèces sauvages en raison de la dégradation des habitats naturels.

La conservation de la nature en chiffres

64 000 emplois ont été soutenus par les parcs fédéraux, provinciaux et territoriaux au Canada en 2019

1 $ investi dans les parcs au Canada a rapporté 6 $ dans le PIB canadien

100 000 km2 de territoire québécois sont identifiés comme des aires protégées candidates par les collectivités locales

*Source : SNAP