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Concurrent de taille pour le projet de dirigeable du Québec

Un appareil américain est en cours de certification pour pouvoir voler au Canada

Schefferville
Photo courtoisie, Gestion Schefferville Des travaux ont déjà été amorcés à Schefferville pour la construction d’une aérogare qui pourrait accueillir des appareils de type dirigeable, comme le modèle LHM-1 de Lockheed Martin, destinés au transport d’équipements et de personnes.

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Pendant que le projet de dirigeable porté par le gouvernement du Québec est freiné par des craintes d’espionnage à Ottawa, un géant américain de l’aéronautique a amorcé la certification d’un ballon qui suscite déjà l’intérêt dans le nord du Québec.

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Notre Bureau d’enquête révélait lundi que le projet de dirigeable de Flying Whales, une entreprise dans laquelle Québec a investi 30 millions $, est bloqué depuis des mois à Ottawa en raison de craintes d’espionnage industriel.

L’entreprise n’a toujours pas reçu le feu vert pour démarrer la recherche et le développement en vue de concrétiser l’aéronef, qui n’a pas encore dépassé la table à dessin.

Chose certaine, l’entreprise américaine Lockheed Martin a une longueur d’avance sur Flying Whales jusque dans le nord du Québec.

Transport Canada a confirmé à notre Bureau d’enquête que l’entreprise américaine a déjà soumis une demande pour faire certifier son dirigeable, dont un prototype a déjà fait l’objet d’essais en vol.

Il n’a pas été possible de savoir où en est rendu ce processus ni depuis quand il est commencé. « Transport Canada ne peut donner de détails sur une demande pour des raisons de confidentialité », a dit la porte-parole Frédérica Dupuis.

Le projet de dirigeable de Lockheed Martin a été amorcé il y a 20 ans. En 2015, l’entreprise voulait construire un appareil qui transporterait 20 tonnes de marchandises. Lockheed n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Le modèle LHM-1 de Lockheed Martin.
Photo courtoisie, Site internet de Lockheed Martin
Le modèle LHM-1 de Lockheed Martin.

BASE À SCHEFFERVILLE

L’avancement du projet de Lockheed suscite l’enthousiasme dans le nord du Québec, un marché convoité par Flying Whales.

Dans une entrevue avec notre Bureau d’enquête, un entrepreneur de Schefferville, Elias Hage, a confirmé qu’il a déjà amorcé les travaux de construction d’une aérogare de dirigeables qui desserviraient les entreprises minières et les communautés nordiques.

Les pelles mécaniques ont déjà commencé à aménager un vaste terrain de 1,5 km sur 3 km. Le début des activités serait possible d’ici quatre ans.

ENTHOUSIASME POUR LOCKHEED

Même s’il sera ouvert à tous les dirigeables, M. Hage ne cache pas son enthousiasme pour l’appareil de Lockheed, dont il a vu le prototype dans les installations californiennes de l’entreprise.

« Le prototype a déjà volé, je l’ai touché, je suis rentré dedans, j’ai discuté avec les ingénieurs de la compagnie en Californie, dit-il. Je crois à cet aéronef. »

Selon lui, la qualité principale de l’appareil est qu’il se charge au sol, contrairement au projet de Flying Whales, d’une capacité de 60 tonnes, qui se charge en vol stationnaire, grâce à des treuils. 

« Leur concept nous donne la flexibilité d’un départ directement de la gare, et d’atterrir en retournant, juge-t-il. Il n’y a pas de déchargement en vol. »

M. Hage estime que Lockheed, un fournisseur de la NASA, a une longueur d’avance sur Flying Whales. « C’est une compagnie connue et solide, dit-il. Ils ont fait de l’équipement qui va sur la Lune. On croit qu’ils sont capables de livrer la marchandise. »