/misc
Navigation

Sentier miné

Sentier miné
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Coup d'oeil sur cet article

Les allégations d’agressions sexuelles visant Yves-François Blanchet sont un champ de mines politique pour le Bloc québécois.

M. Blanchet a beau nier en bloc les allégations, cela ne fera pas s’évaporer les doutes concernant son intégrité morale, ce qui entache du même coup son parti.

Que ces allégations soient éventuellement débattues ou non dans une cour de justice, telle n’est pas la question.

Hier, après avoir tout nié, le chef du Bloc s’est terré dans le silence, comme l’essentiel de ses députés. L’omerta imposée dans les rangs bloquistes ne réglera rien. Cela ne fait que nourrir la suspicion.

Cette tentative d’étouffer l’affaire en lui donnant le moins d’oxygène possible fonctionnera peut-être pour quelques heures ou quelques jours. Mais M. Blanchet devra tôt ou tard répondre aux sérieuses questions que soulève ce témoignage explosif détaillé.

Les allégations sont trop graves pour être ignorées.

M. Blanchet semble penser qu’il pourra se soustraire au tribunal de l’opinion publique, auquel se sont pliées des dizaines de personnalités depuis une semaine.

M. Blanchet a bien sûr droit à la présomption d’innocence. Mais cela demeure un pari risqué. Surtout pour un chef de parti.

Le Bloc menotté

La réponse du chef du Bloc à la controverse détonne avec celle des autres personnes visées par la vague d’allégations anonymes sur les réseaux sociaux. Presque tous ont pris une part de responsabilité pour leurs gestes.

En mettant au défi celle qui l’accuse anonymement de porter plainte à la police, M. Blanchet emprunte une tout autre stratégie. Avait-il vraiment le choix ? Toute forme d’admission compromettrait sa carrière politique. Il n’existe pas de solution simple pour le chef du Bloc.

On peut se demander quelle crédibilité lui et son parti auront pour aborder une foule d’enjeux, comme ceux touchant la condition des femmes ou le jugement du premier ministre Trudeau.

M. Blanchet a réussi à extirper le Bloc d’un champ de ruines aux dernières élections. Il se retrouve aujourd’hui devant un champ de mines.