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Ces présumés agresseurs qui nous entourent

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Comme vous tous, je suis la vague de dénonciations qui déferle sur le Québec. Et comme vous, peut-être, des hommes de ma connaissance font l’objet de dénonciations et se retrouvent sur cette fameuse liste qui circule allègrement.

Le cliché du violeur

Le problème, avec la liste – du moins au départ, car un classement a été ajouté –, c’est qu’on n’avait aucune idée de la gravité des gestes reprochés. « C’est pas grave. Se retrouver là n’est pas bon signe », je me disais. Et je le pense encore.

C’était avant que des connaissances, des amis même, y figurent. Là, ce n’était plus aussi clair dans ma tête.

Mon premier réflexe a été d’essayer de trouver des façons de me convaincre que ça ne se pouvait pas.

L’information était là, sauf que je ne voulais pas y croire. Pas lui. Pas lui non plus. Tout à coup, j’aurais aimé pouvoir m’accrocher au cliché du violeur de ruelle.

La réalité est rarement aussi tranchée. Et même si j’étais réfractaire, j’ai dû me faire à l’idée : des gars que je connais et qui ont toujours été corrects avec moi peuvent avoir des comportements problématiques avec d’autres.

Pis après ?

Maintenant que des noms, célèbres ou pas, se retrouvent dans l’espace public, on fait quoi ? Moi, je l’avoue candidement, je suis un peu dépassée.

Je veux être claire : je suis solidaire du mouvement de dénonciations. Mais cette liste, je ne sais pas quoi en faire. Elle soulève énormément de questions éthiques.

Est-ce que je vire ces hommes de ma vie illico ? Est-ce que je refuse de collaborer avec eux sans autre forme de procès ?

Mon cœur et ma solidarité envers les victimes d’agressions sexuelles, dont je suis, me disent que ce serait la chose à faire. Mais mon sens de la justice, lui, n’en est pas si certain.