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Crise au Musée des beaux-arts: modeste rassemblement en soutien à Nathalie Bondil

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MONTRÉAL | Le congédiement de Nathalie Bondil continue de faire des remous. Un rassemblement en soutien à l'ancienne directrice générale du Musée des beaux-arts, modeste en nombre de participants, a toutefois donné lieu à une discussion animée, samedi, lorsqu'un employé du musée s'est présenté pour défendre le renvoi de son ancienne patronne.

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L'employé en question, qui tient à ne pas être nommé, a affirmé que Mme Bondil était au courant depuis 2018 que le climat de travail se dégradait dans un département en particulier et qu'elle n'a rien fait.

«Je suis d'accord avec tout ce que le conseil d'administration a dit», a-t-il clamé, reconnaissant tout de même que Nathalie Bondil a fait de grandes choses pour le musée.

Alors que le conflit de travail au musée défraie la chronique depuis plusieurs jours, le CA de l’institution de la rue Sherbrooke Ouest a officialisé lundi le congédiement de Nathalie Bondil, se basant sur une étude réalisée par une firme indépendante ayant confirmé des relations de travail orageuses.

Une personnalité toujours appréciée

Évidemment, la dizaine de manifestants qui protestaient devant le musée samedi a une autre version.

Pour eux, cette histoire de conflit de travail n’est que de la poudre aux yeux. Le départ de Mme Bondil est plutôt dû à son refus obstiné de ne pas nommer Mary-Dailey Desmarais, membre de la puissante famille Desmarais, au poste de directrice de la conservation, car elle n’était arrivée que quatrième au concours lors de la création de ce poste.

«Nathalie aime beaucoup Mme Desmarais, mais elle jugeait qu’elle n’était pas prête pour cette fonction. Le poste de directrice de la conservation a été créé pour alléger sa tâche, mais avec Mme Desmarais, elle se serait retrouvée à devoir la former et donc à avoir plus de travail. Ça n’avait pas de sens», a expliqué Fanny A., qui se décrit comme une proche de Nathalie Bondil.

«Nathalie, c’est quelqu’un de très exigeant envers les autres et envers elle-même. Elle travaille 20 heures par jour, 365 jours par année. Elle a fait d’un musée provincial un musée d’envergure internationale», a aussi insisté celle qui n’a pas voulu donner son nom de famille au complet.

Les supporteurs de Nathalie Bondil, qui dirigeait le musée depuis 13 ans, considèrent tous qu’il s’agit d’une perte incommensurable pour l’institution, mais également pour Montréal.

«Elle a rendu plus accessible l’art à tout le monde, à différentes classes sociales. Elle l’a agrandi. C’est sûr qu’il va y avoir une grosse chute», a déploré Dominique Sterlin, une habituée du musée qui tenait à venir signifier son mécontentement.

Les protestataires doutent que Nathalie Bondil puisse reprendre son fauteuil de directrice générale. Ils espèrent néanmoins que le conseil d’administration se rétracte pour laver la réputation de Mme Bondil.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a nommé cette semaine une firme indépendante pour faire la lumière sur cette situation.

Québec donne 16 millions $ par année au Musée des beaux-arts de Montréal et nomme le tiers du conseil d’administration. Mais contrairement à d’autres musées, le MBAM n’est pas considéré comme une société d’État et le gouvernement n’a pas le dernier mot sur la nomination du directeur général.