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Des moyens d’action pour sortir du charbon

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Dans ma chronique au Journal et à la radio cette semaine, je parlais de la nécessité de dire non au charbon. Malgré sa dangerosité connue et reconnue, un mégaprojet d’agrandissement de mine à ciel ouvert est en développement au pied des Rocheuses en Alberta. Le projet s’appelle Vista.

Figurez-vous que le gouvernent fédéral n’a même pas exigé d’évaluation environnementale! Selon les calculs d’Équiterre, si cet agrandissement est complété, il générera presque autant de GES que toutes les voitures en circulation au Canada.

De toutes les sources d’énergie, le charbon est celle qui est la plus dommageable pour le climat. C’est aussi le cas pour la santé humaine et les écosystèmes, de l’extraction jusqu’à la combustion. Le gros bon sens nous invite à le laisser sous terre. Comme les autres énergies fossiles d’ailleurs. 

Pour y parvenir, trois stratégies complémentaires s’imposent. Les voici en (très) bref!

1. Refuser tous nouveaux projets

Les gouvernements ont la responsabilité de protéger la santé et la sécurité de tous leurs citoyens. Connaissant les impacts du charbon, ils ont le devoir de le réglementer adéquatement. 

Le temps est venu d’interdire progressivement, mais rapidement, le charbon. On doit soutenir et accompagner les travailleurs, travailleuses et leurs communautés dans la grande transition qui s’impose. 

Ainsi, l’agrandissement de la mine Vista ne devrait pas avoir lieu. Bien minimalement, le gouvernement fédéral devrait exiger une évaluation d’impact. 

C’est ce que demandent les groupes environnementaux, les Autochtones (dont les droits sont directement affectés par le projet) et de nombreux citoyens. Nous aussi pouvons faire entendre notre voix en envoyant un courriel à nos élus à Ottawa. 

2. Cesser d’investir dans les énergies fossiles 

L’investissement est le point de départ ou d’arrêt de n’importe quel projet économique. 

Aussi longtemps que l’on investira dans des infrastructures qui permettront d’extraire, de transformer, de transporter et de brûler des énergies fossiles, il faudra les rentabiliser durant de nombreuses années. Voilà pourquoi de plus en plus d’investisseurs responsables se retirent de ce secteur qui doit appartenir au passé si l’on veut protéger l’avenir de nos enfants. 

Il est donc nécessaire que nos fonds d’investissement collectifs autant que privés se désinvestissent du charbon et plus largement du secteur des énergies fossiles, comme l’ont déjà fait Fondaction et plus de 1200 organisations de partout à travers le monde, dont de très nombreux fonds de retraite.  

3. Réduire le gaspillage énergétique et miser sur les énergies renouvelables

Le charbon provenant de la mine Vista est principalement destiné à l’Asie pour l’alimentation de centrales électriques hautement polluantes. Il répond aux besoins d’une économie mondiale qui gaspille énormément d’énergie et de ressources. 

Il y a tout à fait moyen de faire autrement. Mettre un terme à la surconsommation et au gaspillage, miser sur l’efficacité énergétique, l’économie circulaire et les énergies renouvelables, afin de se libérer du charbon. 

L’hydroélectricité, l’éolien, le solaire, la géothermie, le biogaz et la biomasse sont les énergies de l’avenir. C’est là qu’il nous faut investir pour des raisons non seulement liées à l’environnement et à la santé, mais aussi à l’économie. 

Selon un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), chaque million de dollars investi dans l'énergie éolienne, solaire ou hydroélectrique générerait trois fois plus d’emplois que l’équivalent dans le secteur des énergies fossiles. Les impacts positifs se mesurent déjà partout dans le monde. 

L’humanité est à la croisée des chemins. On ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les problèmes environnementaux et de santé que génèrent nos choix. Surtout que des solutions de rechange existent. 

Il est temps de faire de la transition un vrai projet de société qui nous permettra de vivre mieux et en meilleure santé.