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Être nationaliste publiquement, c’est accepter de se faire cracher dessus

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Je me permets quelques brèves considérations sur l’intolérance idéologique à l’endroit des nationalistes québécois sur les réseaux sociaux.

Les nationalistes avaient déjà l’habitude de subir le mépris de la radiotélévision fédérale et des journaux qui gravitent autour. Ils y étaient présentés comme des intolérants, des gens fermés d’esprit, prônant le repli sur soi et le nationalisme ethnique. 

Ils savaient aussi qu’à l’université, ils étaient condamnés à la discrétion ou à la marginalisation. La plupart rationalisaient la chose en se disant qu’on ne confronte pas un régime sans qu’il ne cherche à neutraliser ses contradicteurs en les expulsant de la cité. 

Un peuple subordonné ne s’affirme pas sans se faire diaboliser. Cela s’applique au Canada, mais plus largement, dans le monde occidental sous la coupe du régime diversitaire.

Mais le phénomène s’est amplifié et radicalisé, depuis quelques années, sur les réseaux sociaux. Des bandes militantes associées à ce qu’on appelle souvent la «gauche régressive», animées par des commissaires politiques, pratiquent contre les nationalistes la lapidation numérique, en cherchant systématiquement à les faire passer pour des racistes et des suprémacistes blancs pour les extrême-droitiser.

Il s’agit d’une campagne de diffamation permanente sous le signe de l’intimidation idéologique. Pour ceux qui ne sont pas habitués à un tel traitement, et qui ne se sont pas carapacés contre lui, cette violence en ligne peut faire peur.

Ce qui est fascinant, c’est que cette meute haineuse se permettant toutes les abjections contre ceux qui sont abandonnés à la vindicte publique, semble inconsciente de son propre fanatisme et se croit même admirablement vertueuse. 

C’est au nom de l’amour de l’humanité qu’elle traite ses adversaires de pourritures et de déchets du genre humain. Ils se prennent pour des humanistes, mais n’admettent dans l’humanité que ceux qui se soumettent à leurs dogmes. 

Elle recycle le vieux slogan révolutionnaire décrétant de manière martiale qu’il ne doit pas y avoir de liberté pour les ennemis de la liberté. Aujourd’hui, on dirait plutôt: pas de tolérance pour les ennemis de la tolérance! Ou encore: vive la haine des haineux!

Évidemment, ces enragés se croient seuls en droit de définir la tolérance et la haine. En fait, il suffit de ne pas être multiculturaliste, de juger les seuils d’immigration actuels trop élevés ou de ne pas souscrire à la théorie du racisme systémique et du privilège blanc pour passer dans le camp du mal. 

Nous sommes devant des gens pour qui le simple fait de ne pas partager les catégories à partir desquelles ils perçoivent la société leur donne le droit de vous classer dans le camp des parias et des nauséabonds. Ils sont à ce point choqués de croiser une autre opinion que la leur qu’ils en appelleront même au boycottage d’un journal qui a le mauvais goût de la publier.

Encore un mot sur les commissaires politiques qui inspirent cette gauche haineuse: à les lire, on peut se demander, à l’occasion, s’ils manquent d’intelligence ou s’ils sont seulement de mauvaise foi. Je sais que les deux explications peuvent se conjuguer, mais j’ai tendance, quand je pense aux plus visibles d’entre eux, à croire que la première explication est la plus déterminante. 

Leurs capacités intellectuelles semblent se réduire au fait de coller une étiquette odieuse à ceux qu’ils n’aiment pas et à en appeler au bannissement de la vie publique de ceux dont ils ne tolèrent tout simplement plus l’existence. 

On peut croire aussi que cela s’explique par le fait de se vouer intégralement à la promotion d’une idéologie tellement toxique qu’elle devient abrutissante pour qui en fait son univers mental exclusif.

Ces bandes idéologiques qui croient traquer les phobies ont créé sur les réseaux sociaux un climat étouffant: les nationalistes de droite, de centre-droit, du centre, de centre-gauche ou de gauche, qu’ils soient souverainistes ou autonomistes, ont compris qu’il leur suffit d’afficher leurs convictions pour subir leurs foudres. 

Ils en viennent donc à s’imposer une forme d’autocensure pour ne pas subir le déchaînement de la gauche haineuse qui croit contribuer au débat public en vomissant sur ses adversaires. Ils ne veulent pas voir leur réputation pulvérisée par des fanatiques qui hurlent au racisme dès qu’ils croisent un nationaliste.

Faut-il confronter cette petite terreur idéologique et numérique? Rien ne sert, on le comprend aujourd’hui, d’argumenter avec ses principaux inspirateurs: ils ne sont pas là pour débattre, mais pour bannir, pour exécrer et pour maudire. Ils ne discutent pas, ils conspuent leurs adversaires. 

Ils ne réfléchissent pas, ils vomissent. On doit certainement analyser les thèses qu’ils avancent, mais sans espoir de les voir répondre honnêtement à nos arguments: ils sont à ce point convaincus d’être éclairés par une vérité révélée qu’ils ne savent pas faire autre chose que de frapper d’anathème les hérétiques. De ce point de vue, la gauche radicale est une gauche religieuse qui ne sait pas qu’elle l’est.

Il est désagréable de subir des insultes qu’on ne mérite pas et de se faire coller des étiquettes insultantes ne correspondant en rien à notre propos et à nos convictions. Mais tel est peut-être le prix à payer pour retrouver notre liberté intellectuelle. Il faut se carapacer. 

En fait, il faut surtout convaincre les nationalistes de tenir tête à ces petits inquisiteurs en s’arrachant mentalement à leur emprise. Il faut simplement s’affranchir de leur censure. C’est ainsi que les nationalistes serviront non seulement le nationalisme mais, plus encore, la démocratie, qui ne se pratique pas sans courage.