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NFL: du jamais-vu pour un début de saison

Le retour à la compétition dans la NFL devrait se dérouler dans des stades dégarnis cet automne

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Dans moins de deux mois, le 10 septembre, la saison de la NFL doit normalement se mettre en branle. Or, plus rien n’est normal et même si le circuit Goodell a été à l’abri de la tempête depuis le début de la pandémie, il semble de plus en plus probable que le grand retour automnal traverse, comme les autres sports professionnels, une période de fortes turbulences.

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Ce scénario se veut d’ailleurs le plus optimiste. La propagation de la COVID-19 continue de plus belle aux États-Unis et il est légitime de se demander si la saison prendra finalement son envol comme prévu. Ou encore si elle sera interrompue après quelque temps.

Dans un sondage via Twitter lors des derniers jours, Pro Football Talk a demandé à ses lecteurs s’ils croyaient que la première semaine d’activités se déroulerait comme convenu. Sur plus de 21 000 répondants, 64,9 % ont répondu non, contre seulement 35,1 % qui estiment que tout se déroulera comme prévu.

Ce sondage n’a évidemment rien de scientifique, mais le vaste échantillon démontre néanmoins que le doute s’installe, même si la NFL continue d’affirmer qu’elle demeure confiante de lancer sa campagne à l’heure et sans heurts.

Sur leurs médias sociaux ou lors d’entrevues, les joueurs sont, pour leur part, nombreux à émettre de sérieux doutes sur le fait que la saison aura bien lieu.

Devant des spectateurs ?

Si la saison va bel et bien de l’avant, tout indique qu’il y a peu d’espoir que les matchs se déroulent devant des gradins remplis au maximum de leur capacité. 

Les partisans des Eagles ne sont pas pour l’instant encore assurés qu’ils pourront venir encourager leur équipe à l’intérieur du Lincoln Financial Field lorsque les matchs reprendront.
Photo d'archives, AFP
Les partisans des Eagles ne sont pas pour l’instant encore assurés qu’ils pourront venir encourager leur équipe à l’intérieur du Lincoln Financial Field lorsque les matchs reprendront.

La plupart des équipes ont déjà contacté leurs détenteurs d’abonnements de saison pour leur proposer d’être remboursés pour 2020 ou de différer leur paiement en 2021. Ces équipes se préparent à mettre différentes mesures en place et visiblement, elles commencent à faire l’inévitable deuil de récolter leurs pleins revenus aux guichets.

La NFL, qui générerait autour de 15 milliards en revenus annuels, ne soutirerait que le quart de cette somme en provenance de la vente de billets.

Tout de même, selon le New York Times, la ligue s’attendrait à perdre de 2 à 4 milliards en revenus liés à l’achat de billets, de loges corporatives, de nourriture, de produits dérivés et de places de stationnement dans un scénario où aucun spectateur ne serait admis. Les propriétaires d’équipes, mais aussi les joueurs, devraient alors absorber ces pertes potentielles.

Photo d'archives, AFP

Les maîtres du stade

Le magazine économique Forbes va encore plus loin en estimant que la NFL pourrait y laisser jusqu’à 38 % de ses revenus pour la saison. Les pertes seraient évidemment moins importantes, mais tout de même substantielles, si une portion habituelle des spectateurs demeure admise.

Les Cowboys de Dallas peuvent oublier leur stade rempli au maximum de sa capacité cet automne. Si aucun spectateur n’est admis, l’équipe pourrait être privée de 65 % de ses revenus.
Photo d'archives, AFP
Les Cowboys de Dallas peuvent oublier leur stade rempli au maximum de sa capacité cet automne. Si aucun spectateur n’est admis, l’équipe pourrait être privée de 65 % de ses revenus.

Les Cowboys de Dallas sont rois et maîtres dans le circuit au chapitre des revenus tirés de leur stade, avec un total de 621 millions. Ils risquent ainsi de perdre 65 % de leurs revenus si les amateurs ne sont pas admis.

Pour les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, les pertes pourraient atteindre 50 %. Chez d’autres équipes comme les Bills de Buffalo, les Titans du Tennessee ou les Bengals de Cincinnati, moins du tiers de leurs revenus proviennent des billets et de l’expérience en stade, comme quoi chaque marché a ses spécificités.

Protocoles mis en place

Actuellement, la ligue et l’association des joueurs continuent de négocier afin de mettre en place des protocoles à suivre sur le terrain et dans les installations des équipes, durant la saison et lors des camps d’entraînement. La plupart des camps doivent débuter les 28 juillet, mais rien n’est encore coulé dans le béton.

Il sera notamment interdit, après les matchs, aux joueurs d’entrer en contact les uns avec les autres. Voilà une idée qui les fait sourire, considérant qu’ils auront été en collision constante durant toute la partie au préalable.

Les joueurs testés positivement à la COVID-19 seront quant à eux placés sur la liste des blessés pendant une période de trois semaines.

La NFL clame depuis le début de la pandémie que sa saison sera disputée comme à l’habitude, sans chambardement, dans des stades remplis. Tous les espoirs sont encore permis pour la saison, mais si c’est le cas, la ferveur habituelle des partisans massés dans des stades bouillants fera visiblement défaut.

Différentes équipes, différentes mesures 

Puisque les 32 équipes de la NFL sont réparties dans des États qui ne sont pas tous touchés au même degré par la COVID-19, les mesures concernant le nombre de spectateurs admis sont variables. La NFL a dit que les équipes devront gérer au cas par cas, selon le marché. En voici quelques exemples à l’heure actuelle.

Patriots de la Nouvelle-Angleterre

Si la situation permet que les partisans soient les bienvenus, les Patriots ont déjà annoncé à leurs fidèles que le Gillette Stadium ne serait rempli qu’à 20 % de sa capacité. Les huit premières rangées demeureront inoccupées et les billets seront regroupés par groupes de 10 au maximum. Chaque groupe devra être séparé d’au moins deux mètres d’un autre groupe. Le port du masque sera obligatoire à l’intérieur du stade. 


Bills de Buffalo

Si l’État de New York en est toujours à la phase 4 de son plan de déconfinement au début de la saison, cela signifierait qu’aucun partisan ne serait admis aux matchs locaux des Bills. Le protocole de l’État le spécifie clairement. Les chauds supporteurs des Bills, reconnus pour leur propension à faire la fête lors des tailgate arrosés aux alentours du stade, pourraient même être privés de leur passe-temps favori d’avant-match. « Le fait de permettre de gros regroupements dans notre communauté ne devrait pas être un risque à prendre », a mentionné récemment un membre du conseil de ville, Connor Flynn, au Buffalo News.


Dolphins de Miami

Les Dolphins ont établi trois plans en ce qui concerne leurs assistances pour la saison à venir : un scénario sans partisans, un scénario avec partisans en mode distanciation sociale et un scénario avec stade rempli à moitié. Dans le scénario avec distanciation sociale, cela impliquerait une présence limitée entre 15 000 et 20 000 spectateurs. « Les choses changent quotidiennement. Il y a quelques semaines, ça regardait très bien et depuis, le portrait a changé », a indiqué au Miami Herald le président et chef de la direction de l’équipe, Tom Garfinkel.


Buccaneers de Tampa Bay

Les Buccaneers ont fait beaucoup de bruit dans les derniers mois avec les acquisitions fracassantes de Tom Brady et Rob Gronkowski. Ces manœuvres permettaient bien sûr de faire rêver à un meilleur rendement sur le terrain, mais aussi à rehausser l’intérêt mitigé des partisans. Dans neuf des dix dernières saisons, les Bucs ont terminé parmi les quatre pires équipes de la ligue au chapitre des moyennes d’assistances. L’équipe n’a pas encore dévoilé ses politiques, mais a assuré dans un récent courriel à ses partisans que les considérations de santé seraient la priorité. 


Ravens de Baltimore

Le MT&T Bank Stadium, domicile des Ravens, est habituellement surchauffé par 71 000 partisans survoltés. Si l’État du Maryland et les autorités locales de la Santé publique décident que les amateurs sont les bienvenus pour la saison, ils ne seront toutefois pas plus nombreux que 14 000, a annoncé le club à ses partisans dernièrement. « Pour offrir un niveau de sécurité adéquat à nos partisans qui assistent aux matchs, une telle réduction est nécessaire », a affirmé le président de l’équipe, Dick Cass, dans un communiqué de presse.


Eagles de Philadelphie

C’est l’imbroglio le plus total dans la ville de l’amour fraternel! En milieu de semaine, les autorités locales ont fait savoir que les Eagles pourraient jouer cet automne, mais sans partisans dans le stade, selon le Philadelphia Inquirer. « Nous sommes en contact avec les Eagles et nous leur avons exprimé nos attentes, à l’effet qu’il n’y aura pas de partisans » a affirmé clairement Brian Abernathy, un administrateur à la Ville. Un jour plus tard, la Ville se rétractait en affirmant que cette restriction ne s’appliquait pas, pour l’instant, au Lincoln Financial Field, résidence des Eagles. À suivre...


Packers de Green Bay

Il y a fort à parier que le mythique Lambeau Field, stade des Packers et lieu de pèlerinage par excellence des nombreux mordus de football, n’aura pas sa mine habituelle en 2020. Les Packers en sont à concocter un plan concernant les assistances, mais le président et chef de la direction Mark Murphy a déjà prévenu les supporteurs que « l’expérience spéciale à laquelle les partisans sont habitués à Lambeau Field sera très différente ». Masques, distanciation sociale et nombreuses mesures d’hygiène seront nécessaires si les partisans sont admis dans ce stade, qui accueille normalement 81 441 personnes, le troisième plus haut total dans la ligue.