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La première victoire va à la majorité silencieuse

On a noté très peu de récalcitrants au port du masque obligatoire, malgré une arrestation spectaculaire

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Photo Agence QMI, Joël Lemay La très vaste majorité des Québécois portaient le masque samedi dans les espaces publics fermés, comme ici au Carrefour Laval.

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Presque tous les clients croisés dans des commerces du Québec samedi respectaient l’obligation de porter le couvre-visage, malgré l’oubli de quelques distraits et l’arrestation spectaculaire d’un récalcitrant.

« J’ai le droit de commander sans masque », a lancé un homme de Montréal dans une vidéo partagée plus de 40 000 fois sur les réseaux sociaux.

• À lire aussi: [EN VIDÉO] Un homme arrêté pour avoir refusé de porter un masque 

Quelques secondes plus tard, il se faisait arrêter par les policiers au beau milieu du café Tim Hortons pour être expulsé. 

Cette scène tant redoutée semble avoir été un cas isolé hier, lors de l’entrée en vigueur du couvre-visage obligatoire dans tous les endroits publics fermés du Québec. Cette mesure a été imposée par le gouvernement afin de faire face à une recrudescence de la contamination, la province enregistrant son plus grand nombre de nouveaux cas en trois semaines.

« On a zéro problème. Ce n’est même pas un sujet de conversation. Les gens mettent leurs masques », dit Nicolas Allard, du RONA de l’avenue du Mont-Royal, à Montréal.

À l’entrée de la plupart des commerces, des employés rappelaient la nouvelle consigne aux clients. Certains gardiens en donnaient même à ceux qui n’en avaient pas.  

« On a carrément oublié », s’amuse Pascale Desnoyers, 24 ans, qui a dû tourner les talons devant le Simons du Carrefour Laval.

À Québec, une cinquantaine de personnes se sont présentées aux Galeries de la Capitale sans leur couvre-visage au courant de la journée, mais elles n’ont pas hésité à l’enfiler lorsqu’on leur en a proposé, indique-t-on. Un seul, disant qu’il souffrait d’asthme, a refusé. 

Pour toute l’agglomération de la Ville de Québec, les policiers n’ont reçu que sept appels samedi.

Un expert est satisfait

« Ça me rassure beaucoup, commente Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec. J’avais peur un peu », avoue-t-il en référence aux nombreux messages de gens anti-masques qui circulent.

« Je pense que c’est une minorité qui parle très fort », résume M. Jacob. D’ailleurs, trois Québécois sur quatre appuient l’obligation du couvre-visage, selon un sondage que publiait Le Journal.

• À lire aussi: Fort appui au masque obligatoire

La Dre Caroline Quach, épidémiologiste, remarquait déjà cette semaine que le port du masque était beaucoup plus répandu que la semaine précédente.

« Je pense qu’on va y arriver », résume-t-elle.

Mauvaise technique

Reste qu’on le porte parfois mal. Un peu partout, il était facile de voir des employés toucher leur couvre-visage sans se désinfecter les mains après, notamment aux caisses. 

C’est dans les couloirs de centres commerciaux que les plus grands relâchements ont été observés.   

« Oui, je sais [que je suis censé le garder], mais je travaille ici. Le porter 8 heures par jour... », avoue un homme croisé au Carrefour Laval, qui a préféré taire son nom. 

Ces incartades ne sont pas souhaitables, mais il est difficile d’évaluer leur impact sur l’efficacité du couvre-visage, puisque le virus se propage principalement lors des contacts prolongés, expliquent les deux experts interrogés. 

– Avec Camille Lalancette, Agence QMI, Jérémy Bernier, Journal de Québec, Clara Loiseau et Erika Aubin

Le couloir du centre d’achats, ça ne compte pas ?  

Des clients qui abaissent leur couvre-visage sur le menton pour parler à leur compagne ou boire dans leur paille ; des hommes qui se promènent avec leur masque dans la main plutôt que sur la figure. C’est dans les couloirs des centres commerciaux que la consigne était la moins bien respectée samedi, des dizaines de personnes semblant avoir oublié qu’il s’agissait d’un endroit fermé. 

Au Centre Laval, il n’y avait d’ailleurs personne à l’entrée pour vérifier si le masque était bien porté, comme l’impose la nouvelle règle.

– Dominique Scali 

Pas la peine de se choquer  

Une première heure, trois clients en rogne d’avoir à se plier au port du masque : c’est le début de journée qui a amené Shantal Cloutier, caissière dans un dépanneur de Bécancour, à lancer un appel à la courtoisie sur les réseaux sociaux samedi. « J’ai 46 ans, mais pour une jeune fille de 17 ans que c’est son premier travail [sic], elle se sent comment ? » questionne-t-elle. Le reste de la journée s’est bien déroulé, assure-t-elle, convaincue que la publication a fait son bout de chemin. « Ce qui arrive, ce n’est pas nous qui l’avons demandé. Ça ne vaut pas la peine de sauter des coches », rappelle-t-elle.

– Arnaud Koenig-Soutière 

Besoin d’un petit rappel  

Eric-Alexandre Dufort et Pascale Desnoyers
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Eric-Alexandre Dufort et Pascale Desnoyers

La plupart des interventions dont a été témoin Le Journal à l’entrée de commerces hier visaient des clients dont la nouvelle obligation était sortie de la tête. 

« On en a [des masques] à la maison. Mais on va [tout de suite] aller en acheter », ont expliqué Eric-Alexandre Dufort et Pascale Desnoyers. 

– Dominique Scali

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