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C’est toujours non pour les sports de combat

La santé publique refuse le plan d’un gala à huis clos proposé par EOTTM

Conférence de Presse EOTTM
Photo courtoisie, EOTTM Camille Estephan est encore estomaqué du refus de la santé publique d’autoriser un gala de boxe à huis clos au Québec.

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Le directeur national de la santé publique Horacio Arruda continue de maintenir la ligne dure avec la boxe professionnelle. Vendredi, en fin de journée, il a rejeté le plan d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) qui visait à présenter un gala de boxe à huis clos dans une région du Québec.

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Dans une lettre adressée au promoteur Camille Estephan, le Dr Arruda a fourni une réponse que l’homme de boxe n’attendait pas. 

Horacio Arruda.
Directeur, 
santé publique
Photo Simon Clark
Horacio Arruda. Directeur, santé publique

« Pour le moment, au Québec, aucun contact physique direct lors d’un affrontement dans un sport de combat n’est autorisé, comme précisé dans le décret numéro 689-2020 du 25 juin 2020 », est-il écrit dans la missive dont le Journal a obtenu copie. 

« Cette interdiction des sports de combat est en vigueur dans le contexte où le Québec a déclaré l’état d’urgence sanitaire le 14 mars 2020 en raison de la pandémie de la COVID-19. »

Selon le Dr Arruda, le niveau de risque de transmission de la COVID-19 dans le cadre des sports de combat est élevé, notamment en raison du non-respect de la règle du deux mètres, de la fréquence élevée et prolongée des contacts étroits, et du fait que le port du masque ou du couvre-visage n’est pas recommandé lors de la pratique d’une activité d’intensité modérée ou élevée.

Il a également ajouté que les coups portés au visage favorisent la création de gouttelettes, qui est le principal vecteur de transmission. Il y a également les déplacements interrégionaux, interprovinciaux ou internationaux des participants qui ne seraient pas une bonne chose dans un contexte de pandémie. 

Incompréhension

Du côté de Camille Estephan, c’est l’incompréhension la plus totale. 

« Les autorités de la santé publique, en France, jugent qu’il n’y a pas plus de risques dans les sports de combat, dont fait partie la boxe, que les autres sports, a souligné l’homme d’affaires. Même chose du côté de l’Allemagne et de l’Angleterre.

« Au Japon, qui est ma référence, ils y vont du même constat. Il [le Dr Arruda] va me faire accroire que tous ces dirigeants de la santé publique des quatre coins du monde sont dans l’erreur ?

« On assiste vraiment à une situation de deux poids, deux mesures.»

La limite des tests

Dans la même missive, le Dr Arruda a soulevé un point intéressant au sujet des tests de dépistage qui seraient utilisés à quelques reprises avant un éventuel gala de boxe. 

« [...] l’utilisation des tests PCR chez des personnes asymptomatiques ne permet pas d’exclure que les personnes soient infectées au moment du combat, a-t-il mentionné. 

« L’ajout de cette seule mesure ne pourrait donc suffire à réduire les risques de transmission de la COVID-19 lors d’un combat. » 

C’est une autre gifle au visage du promoteur Estephan. Pourtant, mercredi dernier, l’optimisme était au rendez-vous, alors que le dialogue était finalement ouvert avec les autorités de la santé publique. 

« En y allant de tels propos, il est en train de confirmer que les tests qui sont passés à la population ne sont pas fiables, a ajouté Estephan. On se rend surtout compte que les décisions de la santé sont prises à l’emporte-pièce. 

« La pire chose pour l’économie et la population, c’est l’instabilité. C’est ce qu’on voit présentement. »

Voyant qu’il ne peut pas avoir l’approbation de la santé publique, Estephan souhaite la création d’un comité afin de réviser le dossier. 

« On voit qu’il y a un manque de compréhension de notre sport et il faut y remédier », a conclu Estephan.